En 2018, 77,8 % des fumeurs ont acheté leurs cigarettes en France

Une diminution qui s'inscrit dans un contexte d'augmentation des prix du paquet, puissant levier de lutte contre le tabagisme. [Photo d'illustration CHARLY TRIBALLEAU / AFP]

A la question de savoir où ils avaient acheté leur dernier paquet de cigarettes ou de tabac à rouler, 77,8 % des fumeurs ont, l'année dernière, répondu s'être approvisionnés auprès d'un buraliste situé en France. Une proportion en baisse de 3,5 points par rapport à l'année précédente.

En 2017, les fumeurs de cigarettes (manufacturées ou roulées) étaient en effet encore 81,3 % à avoir acheté leur dernier paquet de tabac chez un débitant français, selon une étude de l'agence Santé Publique France, à paraître aujourd'hui, mardi 16 juillet 2019.

Après avoir compilé et comparé les données relatives aux «lieux d'achat du tabac entre 2014 et 2018», l'Agence nationale de santé publique souligne toutefois que si la baisse est significative entre 2017 et 2018, cette proportion reste stable par rapport à 2014.

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A l'époque, 78,7 % des fumeurs avaient en effet déclaré s'être rendus dans un bureau de tabac en France pour effectuer leur dernier achat de cigarettes ou de tabac à rouler.

Les régions Grand-Est et Hauts-de-France achètent le plus «à la frontière» 

Autre enseignement, la part des fumeurs ayant réalisé leur dernier achat dans un pays limitrophe était, en 2018, de 16,4 %. Une part là aussi toutefois relativement stable par rapport à celle observée en 2014 et en 2017, indique l'étude.

Dans le détail, ce sont surtout les fumeurs des régions Grand-Est et Hauts-de-France (près de 50 %) qui s'approvisionnent le plus chez nos voisins et cela pour une question de prix.

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Ainsi, alors qu'en France, le coût moyen du paquet de 20 cigarettes était, au 1er janvier 2018, de 6,81 euros, celui-ci était vendu 5,88 euros en Belgique, 5,47 euros en Allemagne et même seulement 4,60 euros au Luxembourg.

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A noter cependant que le facteur prix semble moins s'appliquer aux fumeurs des régions PACA et Nouvelle-Aquitaine, qui sont seulement 11 % et 10 % à se rendre de l'autre côté de la frontière, quand bien même le prix moyen du paquet était de 4,76 euros en Italie, et 4,52 euros en Espagne. 

Pour rappel, les fumeurs ayant voyagé dans un autre pays de l'Union européenne peuvent rapporter en France du tabac pour leur propre consommation personnelle, à hauteur de 800 cigarettes manufacturées (4 cartouches) ou un kilo de tabac à rouler (toutes les informations disponibles ici).

Les voyages à l'étranger, moment «privilégié» pour s'approvisionner

Enfin, reste que, pays limitrophe ou non, les voyages à l'étranger constituent bien, à en croire les chiffres, un moment «privilégié» pour acheter du tabac.

Toutes destinations confondues, en 2018, 44,3 % des fumeurs de cigarettes ont ainsi déclaré avoir acheté du tabac à l’étranger au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Ils étaient même un sur cinq (21,9 %) à avoir acheté du tabac à l’étranger une ou deux fois et 10,6 % à l’avoir fait entre trois et neuf fois. 

En plus des variations observées selon la région de résidence, Santé Publique France a noté que les 18‑34 ans, les chômeurs, les fumeurs quotidiens (vs occasionnels) mais aussi les individus vivant dans un foyer aux revenus plus élevés avaient une probabilité plus grande d’avoir acheté du tabac à l’étranger au moins trois fois au cours des douze derniers mois.

Vers un paquet à 10 euros en 2020

En mars dernier, le gouvernement avait annoncé que 600.000 fumeurs avaient arrêté le tabac au cours du premier semestre 2018. Une diminution très importante s'ajoutant à la baisse d'un million qui avait été observée en 2017 et qualifiée à l'époque d'«historique» par l'Etat.

Les pouvoirs publics avaient attribué cette forte diminution aux différentes mesures prises pour lutter contre le tabac : augmentation progressive du prix du paquet jusqu'à 10 euros d'ici à 2020, paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques par l'Assurance maladie et l'opération «Mois sans tabac» en novembre (qui vise à inciter le maximum de fumeurs à arrêter).

Un point de vue auquel adhère bien évidemment Santé Publique France qui, dans son étude sur les lieux d'achat du tabac, souligne que les augmentations de prix constituent un levier puissant pour faire diminuer le tabagisme.

Et si, en 2018, la France comptait encore 11,5 millions de fumeurs, ce chiffre pourrait donc bien à nouveau diminuer avec les nouvelles hausses de prix prévues en novembre 2019 (+ 50 centimes), avril 2020 (+50 centimes également) et novembre 2020 (+ 40 centimes).

Mais ces hausses de prix pourraient aussi venir modifier significativement les données quant au lieu d'achat du tabac chez les fumeurs restants.

A cet égard, en dehors des achats à l'étranger, les statistiques concernant les fumeurs qui achètent des cigarettes dans la rue ou sur Internet (très marginales en 2018 avec seulement 0,4 % et 0,1 % de fumeurs respectivement) devraient être, elles aussi, très observées.

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