Canicule : quelles conséquences économiques ?

A chaque vague de chaleur, le ralentissement de l’activité économique se fait ressentir dans plusieurs secteurs. A chaque vague de chaleur, le ralentissement de l’activité économique se fait ressentir dans plusieurs secteurs. [©Philippe HUGUEN / AFP]

Si l’annonce de l'arrivée de fortes chaleurs a provoqué une ruée sur les équipements pour rafraîchir l'air, - une aubaine pour les distributeurs - d’autres secteurs, comme le BTP, les transports ou encore l'énergie souffrent davantage des aléas climatiques.

En 2004, un rapport sénatorial sur «La France et les Français face à la canicule de 2003» soulignait que la canicule avait amputé la croissance de 0,1 à 0,2 point de PIB sur l'ensemble de l'année, ce qui représente 15 à 30 milliards d'euros.

Les secteurs dits «météo-sensibles»

A chaque vague de chaleur, le ralentissement de l’activité économique se fait ressentir dans plusieurs secteurs. Dans le pays, près de 70 % des secteurs de l'économie sont «météo-sensibles». Les plus touchés sont en particulier le bâtiment et les travaux publics, les transports, l’agriculture, mais aussi d’autres secteurs auxquels on ne pense pas toujours comme la restauration, la boulangerie, le pressing, la conduite de véhicules, ou encore les emplois saisonniers à l’extérieur (comme sur les plages), comme le rappelle le gouvernement dans son plan canicule.

En effet, dans les transports par exemple, les fortes chaleurs peuvent endommager le matériel, ce qui peut entraîner des retards aussi bien dans le secteur aérien que ferroviaire. Autre secteur touché lors d’un épisode de canicule : l’énergie. A partir d’un certain seuil de chaleur atteint, EDF est obligé de réduire la production de ses réacteurs nucléaires pour des raisons de maintenance, évitant ainsi tout phénomène de surchauffe.

S’ensuit également une hausse de la consommation d’électricité que ce soit pour les réfrigérateurs, ventilateurs, climatiseurs, etc.

Un coup de froid dans les magasins

Alors que les soldes d’été débutent ce mercredi 26 juin, la canicule pourrait avoir un impact non négligeable sur la consommation en dissuadant les Français d’aller arpenter les magasins. L’expérience a démontré que lors de fortes chaleurs, les gens ne sortent pas sauf pour se rendre dans des centres commerciaux climatisés. Pour information, durant la canicule dramatique qui a touché la France en août 2003, les achats vestimentaires avaient régressé de 8,3% sur un mois.

Les grands gagnants de la canicule

La montée des températures, qui pourraient dépasser dans la semaine les 40°C, fait en revanche le bonheur des vendeurs de ventilateurs. C’est sûrement l’achat que les Français vont le plus faire dans les prochains jours. «Sur les climatiseurs, on a déjà des progressions de plus de 100%» par rapport à 2018, a déclaré à l’AFP Olivier Garcia, directeur produits du groupe Fnac-Darty. «On est même à une progression quasiment de 300%», jeudi et vendredi, sur un an, a-t-il ajouté.

Enfin, cet épisode caniculaire devrait largement profiter aux industries de la boisson, avec ou sans alcool. Selon une étude de Météo France, au-delà de 25°C, chaque degré supplémentaire entraîne une hausse de 5% à 7% du volume des ventes.

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