Chirac, l’icône d’une époque décomplexée

Jacques Chirac, à l'époque premier ministre, fume une cigarette le 17 juin 1975 à Paris lors d'une réunion politique.[GEORGES BENDRIHEM / AFP]

Décédé ce jeudi 26 septembre, Jacques Chirac a marqué de son empreinte la vie politique. Mais au-delà de sa carrure d'homme d'Etat et de son bilan, il était aussi devenu, ces dernières années, le symbole d'une société décomplexée, et d'un art de vivre à contre courant de notre époque sous contrôle.

Séducteur adepte des bains de foule, du terroir, du bon vin, plusieurs photos cultes mettant en scène l'ancien président ont même inspiré la mode, dévoilant notamment Jacques Chirac une cigarette à la bouche, sautant les tourniquets du métro, se recoiffant devant sa glace, en costume élégant assis nonchalamment sur un canapé, faisant de cet homme l'icône d'un monde sans complexe. 

Un bon vivant assumé 

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© George Gobet / AFP 

A l’heure du véganisme, des campagnes de prévention à tout va, portées par des slogans bien connus -  «manger cinq fruits et légumes par jour» «fumer tue» «manger bouger» - et des rapports alarmants sur la consommation d’alcool, l’ancien président incarnait à lui seul une époque bien loin de ces préoccupations. Un monde décomplexé où il était possible de fumer au bureau, de trinquer sans craindre pour son espérance de vie, bien loin des messages d'aujourd'hui. Une cool attitude dont il était devenu l'emblême.

Un séducteur invétéré 

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JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP

A l’air du #metoo, Jacques Chirac campe là aussi une autre époque. Celle de la séduction de l'homme de pouvoir, comme ici sur ce cliché avec Madonna en 1987, de la galanterie appuyée, d’un homme qui appréciait la compagnie de la gent féminine. Pas toujours du goût de son épouse Bernadette Chirac, d'ailleurs, comme en témoigne cette vidéo diffusée par Le petit journal. 

Le gaulois fier de ses racines 

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© Patrick Kovarik / AFP Pool / AFP 

Alors que l’époque est à la standardisation de la pop culture, de la mondialisation, de la suprématie du hamburger, il incarnait les symboles du mâle gaulois défenseur du terroir. Un président au fort accent français quand il parlait la langue de Shakespeare, un homme qui faisait la promotion de la tête de veau et adorait passer des heures au salon de l’agriculture. Un président flattant aussi l’antiaméricanisme français en s’opposant à la guerre en Irak en 1991. Un gaulois sans complexe. 

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