Attaque à la préfecture de police : le gouvernement met en garde contre les «fake news» sur les réseaux sociaux

Des policiers près de la Préfecture de police, le 3 octobre 2019 à Paris, après une attaque au couteau [Bertrand GUAY / AFP] Le mobile de l'assaillant demeure inconnu à ce stade de l'enquête. [Bertrand GUAY / AFP]

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a mis en garde vendredi 4 octobre contre «les élucubrations sur les réseaux sociaux» à propos de l'attaque la veille à la préfecture de police de Paris, soulignant qu'il n'y avait «pas d'indication sur une éventuelle radicalisation» de l'auteur des faits.

«A ce stade le procureur de Paris comme le procureur du parquet antiterroriste sont en lien étroit, c'est à eux de décider de la qualification des faits qui aujourd'hui ne relèvent pas du terrorisme au stade des investigations», a-t-elle déclaré sur franceinfo.

Si la piste terroriste, comme toute autre piste, «n'est pas écartée», «il n'y a pas d'indication, contrairement à un certain nombre de fake news qui ont circulé sur les réseaux sociaux, sur une radicalisation éventuelle de l'auteur de ces assassinats donc l'enquête doit se poursuivre», a-t-elle insisté.

Pas de signes de radicalisation

«Ce n'est pas parce qu'on est musulman qu'on est terroriste. Donc le fait qu'on se convertisse à l'islam n'est pas un signe automatique de radicalisation», a insisté Mme Ndiaye. «Avant que les services enquêteurs nous donnent des informations tangibles et qui ne soient pas des élucubrations sur les réseaux sociaux, je ne me prononcerai pas», a-t-elle conclu.

L'employé administratif qui, pour un motif encore inconnu, a tué à coups de couteau quatre fonctionnaires de la Préfecture de police avant d'être abattu, s'est converti à l'islam il y a 18 mois, selon une source proche du dossier.

Les perquisitions menées jeudi à leur domicile à Gonesse (Val-d'Oise) n'ont pas révélé d'éléments accréditant l'hypothèse d'une radicalisation violente de cet homme. Son épouse a décrit aux enquêteurs un «comportement inhabituel et agité» de son mari la veille au soir.

Mais le député LR Eric Ciotti a considéré dans un tweet vendredi que si «l'enquête dira ce qu'il en est», «les explications psychiatriques et le "pas d’amalgame" ne suffisent pas pour décrire un mode opératoire appelé de ses vœux par l'Etat Islamique».

«L'enquête est en cours et il faut évidemment parler avec prudence mais les premiers éléments dont on dispose laissent penser quand même que c'est peut-être, voire probablement, une attaque islamiste», a déclaré sur Europe 1 l'eurodéputé Nicolas Bay, membre de la direction du Rassemblement national.

Et le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a, dès jeudi soir, dans une vidéo tournée dans un véhicule dans l'obscurité et postée sur Twitter, appelé le gouvernement à «dire la vérité aux Français».

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