Grève contre la réforme des retraites: une semaine décisive pour le gouvernement et les syndicats

Avant la présentation du plan mercredi, une autre mobilisation est prévue demain lundi, et une troisième est envisagée pour jeudi. [SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP].

La guerre des nerfs va s’intensifier. Après la forte mobilisation nationale contre la réforme des retraites, jeudi dernier, la semaine qui s’ouvre à compter de ce lundi s’annonce décisive pour les grévistes et le gouvernement.

Alors que les premiers se disent prêts à entrer dans un bras de fer des plus durs pour faire plier le pouvoir, celui-ci compte bien, au contraire, mener à terme son projet de mise en place d’un système universel de retraite par points.

Un souhait répété, ce dimanche, par le Premier ministre Edouard Philippe qui va pourtant devoir faire face à des syndicats très remontés avec, en tête, la CGT de Philippe Martinez.

Un match serré et très observé par le reste des Français qui, suivant les conséquences, pourraient présenter une addition très salée.

Deux camps déterminés

Convaincu de la nécessité de remettre à plat le système actuel, Edouard Philippe a prévenu, ce dimanche 8 décembre, dans Le JDD, que «si on ne fait pas aujourd’hui une réforme profonde, sérieuse et progressive des retraites, quelqu’un d’autre en fera une demain vraiment brutale». Une parole officielle volontaire donc, mais qui peine toutefois à cacher une certaine fébrilité.

Conscient que la paralysie des transports, pourrait, selon les mots mêmes de la SNCF, entraîner une affluence «dangereuse», ce lundi, dans les gares d’Ile-de-France, le couple exécutif a enchaîné les consultations tout le week-end.

Ce dimanche soir, Emmanuel Macron et Edouard Philippe doivent encore réunir à l’Elysée tous les ministres concernés, dont Jean-Paul Delevoye et Agnès Buzyn, en première ligne sur ce dossier.

Le haut-commissaire aux retraites et la ministre de la Santé devant justement remettre, lundi, aux partenaires sociaux, les conclusions de la concertation gouvernementale, alors que se profile, mardi, une deuxième grande journée de grève.

Un nouveau round syndical pour maintenir la pression sur Edouard Philippe qui doit présenter, mercredi, son très attendu plan consistant à fusionner les 42 régimes de retraite existants.

Mais si le chef du gouvernement a promis de «répondre aux inquiétudes», le doute subsiste quant à un retour rapide à la normale.

Cela d’autant plus que Philippe Martinez n’a cessé de répéter, lui, que le projet ne porte «rien de bon» et, surtout, que la CGT tiendrait «jusqu’à son retrait» pur et simple, tout en n’excluant pas une troisième mobilisation dès jeudi.

Des conséquences qui inquiètent

Reste qu’au milieu de cette confrontation entre grévistes et l’Etat, les inquiétudes quant aux conséquences d’un mouvement durable se multiplient.

Les commerçants, affaiblis depuis un an par la crise des gilets jaunes, ont pâti, jeudi dernier, d’une baisse d’activité de 30 %, selon l’Alliance du commerce.

Dans ce contexte, le ministre de l’Economie s’est engagé, hier, à les recevoir au plus vite. Mais surtout, pour une majorité de la population, une grève qui se prolongerait pourrait avoir des conséquences fâcheuses.

Alors que, selon un sondage, 53 % des Français soutiennent les grévistes, cette adhésion pourrait baisser s’ils continuent à être empêchés de se rendre au travail, de rejoindre leurs proches pour Noël ou de voir leurs enfants privés d’école sur la durée.

Des incertitudes qui, sans une sortie de crise rapide, pourrait, à l’approche des municipales de 2020, être synonymes pour le pouvoir de sanction dans les urnes. 

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