Le Sénat a voté ce samedi le projet de loi pour la réforme des retraites par 195 voix contre 112, en marge d'une septième journée de manifestation à travers toute la France. La Première ministre Elisabeth Borne s'est félicitée d'«une étape importante franchie».
C'est fait. Ce samedi, le projet de loi pour la réforme des retraites a été voté au Sénat par 195 voix contre 112, alors que les sénateurs avaient jusqu'à dimanche soir, minuit, pour le faire, en raison de l'utilisation par le gouvernement de l'article 47.1 de la Constitution.
C’est la fin du marathon législatif ! Le Sénat a adopté il y a quelques minutes la réforme des retraites. pic.twitter.com/BMUv5SRIDU
— CNEWS (@CNEWS) March 11, 2023
Les débats au Sénat avaient fortement avancé ce samedi, alors que Bruno Retailleau, patron des sénateurs Les Républicains, avait décidé de retirer son amendement sur l’accélération de la suppression des régimes spéciaux.
Grâce à cela, le nombre d’amendements restant à examiner est passé d’environ 630 à 360. Le retrait de l'amendement par Bruno Retailleau a entraîné la suppression des sous-amendements proposés par la gauche en réaction.
Après le vote au Sénat, la Première ministre Elisabeth Borne s'est félicitée auprès de l'AFP d'«une étape importante franchie». «Il existe une majorité au Parlement» pour voter la réforme, a en outre assuré la Première ministre, dans une allusion au vote autrement plus serré qui s'annonce probablement jeudi prochain, à l'Assemblée nationale. Le gouvernement comptera là aussi sur les élus de droite pour éviter d'avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote, sauf motion de censure.
Une mobilisation en nette baisse
Ce samedi 11 mars, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 368.000 manifestants en France, dont 48.000 à Paris. D’après les chiffres de la CGT, ils étaient plus d’un million à se mobiliser dans les rues à travers la France, dont 300.000 à Paris.
Ces chiffres sont inférieurs à ceux de la journée du 16 février, qui était jusqu’ici la journée où il y a eu le moins de personnes réunies contre cette réforme depuis le 19 janvier, date du début de la contestation. Le 16 février, le ministère de l'Intérieur avait dénombré 440.000 manifestants, dont 37.000 à Paris. De son côté, la CGT avait compté 1,3 million de personnes, dont 300.000 à Paris.
Dans les autres villes, une baisse du nombre de mobilisés a également été constatée. Notamment à Toulouse, où 10.000 manifestants ont été comptabilisés selon les autorités, contre 14.000 le 16 février.
Plusieurs heurts ont eu lieu au cours de la manifestation, où des jets de projectiles ont été observés, ainsi que des poubelles incendiées, ou encore des vitrines caillassées. À 18h30, 32 personnes avaient été interpellées. Des tensions ont aussi éclaté à Lyon, Rennes et Nantes.
Quel futur pour le mouvement ?
Une nouvelle journée de manifestations, la huitième depuis le début de la contestation, est prévue mercredi 15 mars. Le même jour, une réunion de la commission mixte paritaire sera organisée, au cours de laquelle sept députés et sept sénateurs pourraient s'accorder sur un texte avant le vote définitif.
Dans un communiqué, l'intersyndicale a dénoncé le «mépris» d'Emmanuel Macron, et l'a mis au défi «d'organiser une consultation citoyenne dans les plus brefs délais».
«Puisqu'il est si sûr de lui, le président de la République, il n'a qu'à consulter le peuple. On verra la réponse du peuple» a notamment déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.
![L'article 44.3 de la Constitution, dit du vote «bloqué», a pour but d’écourter les débats au Parlement, prévus initialement jusqu‘à dimanche. [Alain JOCARD/AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_33am8ax-taille1200_640b0ea83831f_0.jpg?itok=fIDsf04x)