Ce lundi 24 avril est marqué par l’anniversaire de la réélection d’Emmanuel Macron au poste de président de la République. Si son second quinquennat n’a que 365 jours de vie, le chef de l’Etat a pris des décisions qui ont suscité l’hostilité des Français.
Le 24 avril 2022, Emmanuel Macron était réélu président de la République, en battant au second tour la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, comme cinq ans plus tôt, avec 58,5% des voix.
Dans un résultat marqué par une opposition à l’ancienne présidente du Rassemblement national, Emmanuel Macron concédait, lors de son discours, qu’une partie des électeurs avait voté «non pour soutenir les idées portées, mais pour faire barrage à l’extrême droite». «Je veux ici leur dire que j’ai conscience et que ce vote m’oblige pour les années à venir», ajoutait-il.
Cependant, un an plus tard, certaines décisions prises par le chef de l’Etat ont profondément irrité une partie des Français. Selon un sondage Ifop, pour le JDD, seulement 26% des Français se disent satisfaits par l’action menée par Emmanuel Macron.
Une Assemblée divisée
Le second quinquennat d’Emmanuel Macron a subi un revers important dès ses premiers mois. En effet, le 19 juin 2022, les élections législatives étaient marquées par l’absence de la constitution d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, les macronistes ne conservant que 250 sièges, dont 172 du groupe Renaissance, ex-LREM, sur 577.
Le «troisième tour» de l’élection présidentielle a permis à l’opposition au chef de l’Etat de se constituer des groupes imposants au Palais Bourbon. Ainsi, 88 députés du Rassemblement national ont été élus, tandis que 148 personnalités de gauche sont entrées à l’Assemblée nationale à la suite de la constitution de la Nouvelle Union Populaire écologique et sociale (Nupes).
Ces deux blocs, situés à gauche et à droite de l’Hémicycle, jouent depuis pleinement leur rôle et empêchent l’exécutif de faire passer certains textes, à l’image de projet de loi sur la réforme des retraites.
Le «fardeau» de la réforme des retraites
Devant les oppositions, le chef de l’Etat peine à trouver la martingale pour continuer à réformer et est contraint de chercher des majorités au gré des textes.
Mais face à d’éventuels échecs, notamment la réforme des retraites, le président de la République, par l’intermédiaire d’Elisabeth Borne, a été contraint d’avoir recours à l’article 49.3 de la Constitution, déclenchant une importante vague de contestation dans tout le pays.
Une contestation dans la rue, mais également politique, suscitant le recours au Conseil constitutionnel, qui a répondu en faveur d’Emmanuel Macron, non sans l’affaiblir dans l’opinion publique.
«C'est vraiment la réforme des retraites qui a coulé sa popularité», constate Céline Bracq, directrice générale de l'institut de sondages Odoxa. Elle a renforcé les traits les plus négatifs de son image, comme ce «mépris pour les Français» qui lui est souvent reproché.
«Cent jours» pour regagner la confiance des Français
Lors d'une allocution lundi dernier pour solder trois mois de contestation, le chef de l'Etat a annoncé «cent jours d'apaisement» et «d'action», et donné rendez-vous au 14 juillet pour «un premier bilan».
Dans la foulée, après être resté en retrait depuis le début de l'année, il est retourné sur le terrain «au contact» des Français. En Alsace mercredi dernier, il a d’ailleurs été violemment conspué.
«Les 100 jours d'Emmanuel Macron, c'est une manière de dire «il y a eu un raté au démarrage, on ne s'est pas compris, on remet tout à plat, on repart à zéro», estime Philippe Moreau-Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences-Po.
Selon lui, le président va tenter de «provoquer une nouveauté par jour», en allant sur le terrain, en réinvitant les syndicats en mai, dans une sorte d'«ego trip» à double tranchant.
En sursis, la Première ministre Elisabeth Borne doit présenter mercredi sa feuille de route, mais ne sait pas vraiment, à ce stade, comment faire adopter les textes les plus clivants, à commencer par celui sur l'immigration. Une étape qui pourrait, de nouveau, susciter une vive opposition entre plusieurs blocs, et au sein d’une société qui n’a pas l’intention de tourner la page de la réforme des retraites.
![Le chef de l'Etat a récemment reçu à l'Elysée Gérard Larcher ainsi que la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour évoquer ces questions [Ludovic MARIN / POOL / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/capture_decran_2023-04-23_a_09.02.02_6444d814dcc12.png?itok=8l35xQIU)