L'Iran a privé la famille de Mahsa Amini, jeune kurde iranienne décédée en prison l'an passé, de son droit de voyager en France pour recevoir le prix Sakharov pour les droits humains décerné à titre posthume.
La famille de Mahsa Amini ne pourra pas lui rendre cet hommage. Les parents et le frère de Mahsa Amini, kurde iranienne décédée l’an dernier, qui devaient recevoir le prix Sakharov décerné à la jeune victime à titre posthume, ont été interdits de quitter le territoire iranien, a annoncé ce samedi 9 décembre Chirinne Ardakani, leur avocate en France.
Ils «ont été interdits de monter à bord du vol qui devait les conduire en France pour la remise du prix Sakharov et de quitter le territoire hier à minuit alors qu'ils étaient munis d'un visa», a expliqué l'avocate. Une mesure qui montre, selon elle, la fébrilité de Téhéran à la veille d'événements symboliques.
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui décerne cette distinction, a appelé «le régime iranien à revenir sur sa décision interdisant à la mère, au père et au frère de Mahsa Amini de voyager», dans un message posté sur le réseau social X, anciennement Twitter.
I call on Iran’s regime to retract the decision to ban Mahsa Amini’s mother, father & brother from travelling.
— Roberta Metsola (@EP_President) December 9, 2023
Their place next Tuesday is at @Europarl_EN in Strasbourg to receive the Sakharov Prize, with the brave women of Iran.
The truth cannot be silenced.#WomanLifeFreedom
«Leur place mardi prochain est au Parlement européen à Strasbourg pour recevoir le Prix Sakharov, avec les courageuses femmes d'Iran», a-t-elle déclaré, soulignant que «la vérité ne peut pas être passée sous silence».
Nargès Mohammadi prix nobel de la paix
L'interdiction de sortie du territoire des parents et du frère de la jeune kurde, morte à 22 ans après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne pour un voile mal ajusté, intervient alors que la France doit célébrer, ce dimanche à Paris, le 75ᵉ anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.
Ce même jour sera remis à Oslo en Norvège le prix Nobel de la Paix à la famille de Nargès Mohammadi, une autre Iranienne, qui ne pourra le recevoir en personne, car elle est détenue à la prison d'Evin à Téhéran.
![Le cortège parisien comptait 1.800 personnes selon la préfecture de police. [Alain JOCARD / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_33zt6td-taille1200_6574c1605b286_0.jpg?itok=FWKt1W4D)