Ancien avocat de profession, Robert Badinter, qui entre ce jeudi au Panthéon, était connu pour avoir défendu l'abolition de la peine de mort devant le Parlement. Un combat mené depuis 1972 suite à l'exécution de Roger Bontems, à l'issue d'un procès perdu et qui l'a longtemps obsédé.
«Je me suis juré, ce matin-là, que toute ma vie je combattrai la peine de mort», racontait-il dans un entretien avec l'AFP en 2021. Ancien avocat de profession, Robert Badinter, qui entre ce jeudi 9 octobre au Panthéon, a vu sa vie marquée par l'affaire Bontems, un homme condamné à l'exécution capitale sans avoir été reconnu coupable de meurtre, et qu'il a défendu corps et âme. Un combat qu'il a perdu et dont il ne s'est jamais remis.
En 1971, à l'infirmerie de la maison centrale de Clairvaux, deux détenus, Claude Buffet et Roger Bontems, prennent en otages une infirmière et un gardien qui seront retrouvés égorgés plusieurs heures plus tard. Durant le procès, il est établi que l'auteur des meurtres n'est autre que Claude Buffet, Roger Bontems n'étant que complice de ces crimes. Pourtant, les deux hommes sont condamnés à la peine capitale par la cour d'assises.
Alors âgé de 44 ans, Robert Badinter défend pour la première fois un homme encourant la peine de mort. «On ne peut pas condamner à mort un homme pour répondre seulement à la loi du talion : un mort pour un mort», plaide l'ancien socialiste pendant le procès. L'avocat, âgé de 44 ans à l'époque, cherche alors à obtenir pour son client la grâce présidentielle. Une grâce qu'il n'obtiendra jamais. Georges Pompidou, président de la République au moment des faits, la rejette pour ne pas déplaire à l'opinion publique, majoritairement favorable à la peine de mort.
Le Panthéon se prépare à recevoir Robert Badinter. pic.twitter.com/CdsGZtLMGt
— Christophe Capuano (@Ch_Capuano) October 6, 2025
Le 28 novembre 1972, Claude Buffet et Roger Bontems sont guillotinés dans la cour de la prison de la Santé à Paris. Une expérience déterminante pour Robert Badinter, qui fit de l'abolition de la peine de mort, le combat de sa vie. Un combat qu'il remportera neuf ans plus tard.
Nommé garde des Sceaux en 1981, l'une de ses premières actions législatives a en effet été de demander la fin de la peine capitale en France. Un projet de loi qui sera adopté quelques mois plus tard par le Parlement. La plus grande oeuvre de sa vie.
Ce jeudi 9 octobre, plus de quarante ans après l'abolition de la peine de mort, Robert Badinter doit faire son entrée au Panthéon. Une cérémonie «sobre» et «solennelle» sera célébrée à partir de 19h et pendant environ une heure. Le cercueil de l'ancien garde des Sceaux doit remonter la rue Soufflot, être accueilli sous la nef du Panthéon par le président de la République, qui prononcera un discours, puis installé dans le caveau «des révolutionnaires de 1789», où reposent Condorcet, l'abbé Grégoire et Gaspard Monge depuis le bicentenaire de la Révolution.