Après la liquidation judiciaire de la société gérant la résidence pour seniors Cormaline à Vézeronce-Curtin (Isère), une quarantaine de personnes âgées, parfois centenaires, sont livrées à elles-mêmes dans l’établissement fermé et sans personnel.
«Soyez serein, vous êtes entre de bonnes mains» : c'était le slogan inscrit sur le site internet de la société Cormaline, l’ancien gestionnaire de la résidence pour seniors du Clos des Tilleuls à Vézeronce-Curtin (Isère). Depuis un mois, les résidents vivent en réalité un cauchemar : ils ont reçu une lettre de la directrice de Cormaline, le 12 juin, prévenant d’une possible liquidation judiciaire.
Elle a finalement été prononcée par le tribunal de commerce de Lyon le 2 juillet, et tout le personnel a brutalement quitté les lieux, fermant derrière lui toutes les parties communes. 42 seniors se retrouvent désormais sans solution et sous la menace d'une expulsion.
«un cauchemar»
«Vous voyez là, c’était l’accueil, mais il n’y a plus personne, tout est fermé», déplore une pensionnaire de l’établissement. Dans cette résidence pour séniors, une quarantaine de personnes âgées parfois centenaires sont livrées à elles-mêmes. «Là, vous aviez les repas, et les activités, mais là aussi il n’y a plus rien, c’est fini», ajoute la pensionnaire.
«C’est difficile de réagir sur le moment, on est un petit peu affolé, on se demande ce qui se passe, on se demande où va aller, cela ressemble à un cauchemar dont on est pas sorti, on est en plein dedans», abonde une autre résidente. «C’est très difficile, nous avons une dame de 88 ans qui est totalement perdue, nous avons peur qu’elle fasse une bêtise, elle n’a personne», ajoute la résidente.
«Je me sens très mal, je n’arrive pas à manger, je ne sais pas comment faire et je n’ai pas de famille», confirme une troisième résidente. «On a une épée de Damoclès sur la tête, je ne dors pratiquement plus et je fais des cauchemars», explique une autre pensionnaire. Dans les couloirs vides, les seuls visiteurs sont les soignants personnels ou encore le maire de la ville, Maurice Belantan, qui passe prendre des nouvelles des séniors encore présents, dans l’espoir de trouver rapidement une solution.
Pas d'expulsion sous six mois
«Le tribunal de commerce a eu une attitude inhumaine. Il ordonne l’arrêt immédiat des services de la résidence comme on fermerait une usine de boulons, sans se soucier des conséquences humaines. Des gens vulnérables et fragiles vivent toujours dans la résidence. On essaie de voir si des structures d’aide à domicile peuvent prendre le relais. Le sous-préfet de la Tour-du-Pin vient aussi de m’assurer que les personnes âgées ne seront pas expulsables les six prochains mois», détaille le maire.
En effet, dans un communiqué, le préfet de l'Isère a confirmé que plusieurs mesures pour aider ces personnes âgées ont été validées en urgence, avec notamment une prise de contact des résidents vulnérables par les services compétents pour faire un diagnostic précis de leur situation et mettre en place un accompagnement personnalisé afin d’envisager, le cas échéant, une entrée en établissement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
Par ailleurs, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) a également effectué une visite de diagnostic en présence du maire, et la gendarmerie va mobiliser le dispositif de protection «tranquillité senior» au profit des résidents concernés. Enfin, toutes les prestations de téléassistance demandées par les résidents seront installées dès ce vendredi par la diligence du maire.
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