Après le décès de Brigitte Bardot, dimanche 28 décembre à l'âge de 91 ans, l'idée de lui rendre un hommage national fait débat. Lorsqu'une célébrité disparait, plusieurs cérémonies peuvent lui être dédiées.
Pour rendre hommage à des personnalités publiques, il existe différents types de cérémonies. Depuis le décès de Brigitte Bardot, dimanche 28 décembre, le sujet est de nouveau discuté.
En novembre 2018, dans une interview accordée au Monde, l'actrice avait dit souhaiter reposer à La Madrague, la propriété qu'elle avait acquise à Saint-Tropez à la fin des années 50, devenue aussi mythique que sa propriétaire.
Mais ces derniers jours, à l'annonce de son décès, des voix se sont fait entendre pour demander un hommage national à Brigitte Bardot. Éric Ciotti a notamment interpellé Emmanuel Macron à ce sujet.
Les hommages nationaux sont rendus pour services exceptionnels rendus à la Nation. Brigitte Bardot a été une actrice iconique de la nouvelle vague. Solaire, elle a marqué le cinéma Français. Mais elle a aussi tourné le dos aux valeurs républicaines et été multi-condamnée par la… https://t.co/kQjCRJMEOT
— Olivier Faure (@faureolivier) December 29, 2025
L'idée n'a toutefois pas séduit tout le monde puisque le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a répondu sur X : «Les hommages nationaux sont rendus pour services exceptionnels rendus à la Nation. Brigitte Bardot a été une actrice iconique de la nouvelle vague. Solaire, elle a marqué le cinéma français, mais elle a aussi tourné le dos aux valeurs républicaines et été multi-condamnée par la justice pour racisme».
Pour l'heure, la Fondation Brigitte Bardot a annoncé les obsèques de l'actrice mercredi 7 janvier à Saint-Tropez. Une cérémonie est prévue à 11h, sur invitation, à l'église Notre-Dame de l'Assomption. Elle sera retransmise sur des écrans sur le port et sur la place centrale des Lices de la cité varoise et sera suivie d'une inhumation privée puis d'un hommage «au pré des pêcheurs», «ouvert à tous les Tropéziens» et aux «admirateurs» de Brigitte Bardot.
La question d'une cérémonie de plus grande envergure, elle, n'est en général tranchée que par le président de la République, en accord avec la famille de la défunte. Alors, quelles sont les différentes formes que peuvent prendre ces hommages ?
L'hommage national
Ces cérémonies officielles sont organisées par l’État aux Invalides (VIIe arrondissement) ou au Panthéon (Ve arrondissement) à Paris. Elles incluent un éloge funèbre prononcé par le chef de l’État devant le cercueil orné d’un drapeau tricolore. Ce type d’hommage doit obligatoirement être inscrit au Journal officiel de la République, dans lequel sont publiés les traités, les ordonnances, les lois, les textes réglementaires, les publications légales et toutes les déclarations officielles. De nombreux militaires ont été célébrés par un hommage national.
Aimé Césaire, George Sand, Jean d’Ormesson… Des personnalités du monde de la culture ont également eu droit à cette distinction d’honneur. Cet hommage vise en effet à célébrer une personnalité qui a servi la France. Le 5 octobre 2018, quelques jours après son décès, c’est le chanteur Charles Aznavour -à qui l’on doit «La Bohème» ou «Emmenez-moi»- qui avait été honoré aux Invalides en présence du président et du Premier ministre arméniens. Emmanuel Macron était également présent.
Les obsèques nationales
Il n’y a qu’une seule règle qui permet de différencier l’hommage national des obsèques nationales. Sous la Ve République, ces dernières doivent impérativement être annoncées par un décret du président de la République. L’application de celui-ci est à la charge du Premier ministre. La cérémonie est entièrement financée par l’État. Il est parfois décidé que le corps du défunt reposera au Panthéon. L’écrivaine Colette a été la première femme à en bénéficier lors de son décès en 1954. De son côté, Victor Hugo a été le premier écrivain à être honoré par des obsèques nationales, après sa mort en 1885. Un cortège funèbre d'une grandeur inégalée depuis, auquel 3 millions de personnes auraient participé.
L'hommage populaire
Il existe aussi des hommages dits populaires, souvent plus spontanés. Ces derniers ne nécessitent pas forcément la présence et l’intervention du chef de l’État, c’est d’ailleurs ce qui les différencie des hommages nationaux. Ils peuvent être organisés à la demande d’un groupe de citoyens ou de fans du défunt. L’hommage peut prendre la forme d’un rassemblement ou d’une manifestation. Parmi les hommages populaires célèbres, celui de Johnny Hallyday, icône du rock en France, décédé le 5 décembre 2017 à 74 ans. La question de l’hommage national s’était posée mais c’est l’hommage populaire qui avait été privilégié. Ainsi, 700 motards avaient pris part au cortège jusqu'à l'Église de la Madeleine à Paris, pour accompagner le convoi funéraire. Des millions de fans ont suivi la cérémonie depuis chez eux, devant la télévision.
Le deuil national
Plus rare, le deuil national est une période fixée par le gouvernement durant laquelle les activités des citoyens sont marquées par le deuil et la mémoire d’un ou plusieurs morts. Il est décrété par le président de la République. Cet événement est souvent à l’origine de commémorations annuelles, à chaque date anniversaire du décès. Peuvent être honorés de cette façon les héros de la Nation, les présidents de la République ou encore les victimes d’un événement tragique.
Charles de Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand, Jacques Chirac ou encore Valéry Giscard d'Estaing... En France, depuis 1930, le décès de chaque chef d’État a fait l’objet d’un deuil national. Les jours qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015 et ceux du 14 juillet 2016 à Nice ont aussi été considérés comme une période de deuil national.
La marche blanche
La marche blanche est une manifestation généralement silencieuse, de soutien ou de protestation. Cette cérémonie est organisée pour commémorer une victime d’un fait divers qui a choqué l’opinion publique. Il s’agit souvent d’un hommage à un enfant ou à un adolescent, ou d'un serviteur de l'État injustement décédé. Elle est souvent organisée pour faire réagir les autorités sur un sujet donné. Le terme «Marche blanche», non officiel, est né à Bruxelles, en Belgique, en octobre 1996. Il symbolisait le mouvement de protestation des parents des victimes du pédocriminel Marc Dutroux, alors que le juge en charge de l'affaire avait été déssaisi. Une manifestation avait alors rassemblé plus de 350.000 personnes dans la capitale belge.