Dans son livre «L’École sous emprise», l’enseignant et essayiste Jean-Paul Brighelli dénonce les dérives et l’entrisme religieux de plus en plus présent à l’école. Interrogé par CNEWS, l’auteur défend un retour de l’autorité à l’école, en renforçant par la même occasion la fonction d’enseignant.
Quelles ont été les motivations de ce livre ?
Je me suis basé sur le modèle mythologique qu’est Cassandre, la prophétesse qui dit toujours la vérité, mais que l’on ne croit jamais. Depuis la première version de mon livre «La fabrique du crétin» en 2005, je me fais chargé d’injures en permanence par le camp du bien. Après avoir expliqué comment le niveau scolaire s’était effondré, comment on avait durci la distinction entre l’école des riches et des pauvres, je me suis attelé à comprendre ce qu'il se passe du côté des cervelles soigneusement évidées par les nouvelles pédagogies qui enseignent l’ignorance. Aujourd’hui, il se développe une spirale défectueuse qui fait que plus vous arrivez en classe avec un fanatisme constitué, plus vous obligez les enseignants à respecter une forme de crétinisme.
Dans votre ouvrage, vous considérez que certains enseignants ne peuvent plus aborder certains sujets. Pourquoi selon vous ?
C’est la peur. Essayer de parler de la guerre de Six Jours, d’Israël ou de contester la nourriture Halal est devenu dangereux pour les enseignants.
Nous sommes dans une situation dans laquelle les enseignants courbent l'échine
C’est valable également pour les élèves non-musulmans. Nous sommes arrivés dans une situation extrême dans laquelle les enseignants courbent l’échine.
Avez-vous un exemple ?
Au moment de la mort de Samuel Paty, j’avais contacté le ministère de l’Éducation dans l’heure en leur soumettant l’idée de baptiser de son nom le collège dans lequel il enseignait. Résultat, des années plus tard, ce n’est toujours pas fait car des enseignants s’y sont opposés par peur.
Quand vous écrivez :«Ils ont la langue dans la poche et le mouchoir par-dessus», vous parlez des enseignants ?
De certains oui. Ils n’osent pas dire oralement ce qu’ils pensent, mais l’expriment en votant lors des élections. On s’aperçoit que le Rassemblement national gagne constamment des voix chez les enseignants. Cela aurait été impensable il y a 10 ans. Par ailleurs, un certain nombre d’enseignants de gauche prennent partie de façon très consciente pour les islamistes en prononçant un discours antisémite.
Comment l’expliquez-vous ?
La gauche a perdu le prolétariat français à partir des années 1990. Du coup, plusieurs «think thank» de gauche ont cherché un nouveau réservoir de voix. Celui-ci se trouve notamment chez les islamistes. Certains mouvements de gauche l’ont bien compris, et ça leur permet de déballer l’étalage de leur crétinisme à l’Assemblée nationale.
Comment cet entrisme que vous dénoncez s’est-il développé ?
Dans un premier temps, par les missions que l’on affecte à l’école. Avant, c’était de remplir et réformer la tête des enfants par l’instruction. Avant, on écoutait le discours du maître, aujourd’hui, on laisse l’enfant exprimer ce qu’il a entendu. C’est comme ça qu’on a laissé entrer des idées tordues, qui sont ensuite devenues paroles d’évangiles. Aujourd’hui, les plus ignares sont en haut, et les bons élèves sont en bas. Depuis vingt ans, le terme «d’intello» est devenu une injure à l’école.
Les nouveaux professeurs sont-ils plus sujets à ce que vous dénoncez ?
Encore une fois, certains oui, car les nouveaux professeurs ont été formés dans le système que je dénonce. Ce sont les crétins d’hier qui se retrouvent être les enseignants d'aujourd’hui. Il y a une perte de vocation du métier d’enseignement et la gauche a une grande part de responsabilité dans ce fléau. Elle a rabaissé la valeur économique de la profession, mais aussi la valeur intellectuelle en leur donnant une fonction équivalente à de la garderie. Ils laissent les jeunes, notamment les garçons, prononcer des discours d’un sexisme révoltant. Et les filles acceptent cela. Tout cela n’est pas un hasard. Il y a un plan coordonné des Frères musulmans, avec l’appui de fonds européens. Cela a été démontré par Florence Bergeaud-Blackler, dans son livre «Le Frérisme et ses réseaux». Nous sommes dans une guerre civile à bas bruit. Je sens le moment où l’on va passer à la guerre civile tout court.
Comment répondre à cet entrisme ?
Il est nécessaire de réformer le système éducatif en insistant sur la transmission des savoirs, mais aussi la formations des maîtres, en redéfinissant les missions de l’école et ses priorités. La tolérance zéro doit être appliquée sur chaque manquement.
L'école sous emprise, Jean-Paul Brighelli, ed. L'Archipel, 19 €.
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