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«Vingt mois à Matignon» : Elisabeth Borne dénonce le sexisme dans la vie politique dans son dernier livre

La Première ministre affirme avoir dû sans cesse faire face à un environnement politique profondément «machiste». [Reuters / Stephanie Lecocq]

Plus de neuf mois après qu'elle a quitté son poste de Première ministre, Élisabeth Borne livre ses souvenirs dans son nouvel ouvrage «Vingt mois à Matignon», disponible ce mercredi en librairie. L’occasion de revenir sur le sexisme subi en politique et les attaques auxquelles elle a dû faire face.

L’heure des révélations a sonné. Élisabeth Borne, Première ministre d’Emmanuel Macron de 2022 à 2024, publie un récit sur son passage à Matignon ce mercredi 23 octobre. Dans «Vingt mois à Matignon», elle revient sur le sexisme et les attaques ad hominem qu’elle a subies durant cette période. Elle commence, dès les premières pages, par revenir sur son parcours de vie et dresse ensuite un bilan de ses projets politiques, en expliquant que le parcours d’une femme politique n’est pas toujours si simple.

Elle révèle avoir été la cible de nombreuses attaques sexistes lorsqu’elle était au pouvoir. «Lorsque je quitte mes fonctions, en janvier 2024, le bilan dont certains me créditent me sidère encore : j’ai tenu plus longtemps qu’Édith Cresson ! Je ne pratique pas le rodéo, ni la compétition d’haltères, et je n’ai pas accepté cette fonction dans l’objectif de "tenir"», a-t-elle confié. «Il existe deux catégories de Premier ministre : les vrais, les hommes. Et les autres, les femmes», a-t-elle affirmé.

Emmanuel Macron épinglé

Des remarques sur son physique, des compétences remises en doute, des commentaires déplacés en réunion… La Première ministre affirme avoir dû sans cesse faire face à un environnement politique profondément «machiste», où les femmes doivent redoubler d’efforts pour s’imposer.

Elle déplore des critiques sur son style vestimentaire «en permanence renvoyé à des codes masculins». Le président de la République est aussi épinglé. «Emmanuel Macron préférait déjeuner avec Jean Castex car avec lui au moins il pouvait partager une copieuse côte de bœuf», affirme Elisabeth Borne, quasi-végétarienne.

d'étonnantes rumeurs sur sa sexualité

Enfin, l’ancienne Première ministre ne décolère pas au sujet des rumeurs concernant son homosexualité. «Je n’ai pas compris. J’ai trouvé ça incroyable qu’on puisse imaginer qu’à l’heure où l’on est, j’aurais pu être homosexuelle et ne pas le dire», a-t-elle expliqué. «Au fond, tout au long de ma carrière, j'ai pratiqué une sorte de militantisme féministe par la fonction», finit-elle par conclure.

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