Alors que les syndicats cheminots menacent d’une grève en décembre, avec en ligne de mire les vacances de Noël, un sondage de l’Institut CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1 publié ce vendredi, met en avant que 62% des Français souhaitent l’interdiction des grèves durant cette période.
Les Français ne veulent pas voir leurs fêtes de fin d'année prises en otage. C'est ce qui ressort très nettement d'un nouveau sondage* de l’Institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, paru ce vendredi 15 novembre. Ainsi, 62% des Français se disent «en faveur de l’interdiction de la grève dans les transports en commun durant les vacances de Noël».

En février 2023, les Français n'avaient été que 43% à souhaiter l'interdiction des grèves des transports en commun. Cependant, le sondage de l'époque visait une interdiction globale pour l'ensemble des vacances scolaires, et pas seulement celles de Noël. La différence de 19 points entre les deux études met donc en avant l'importance que revêtent les congés de fin d'année pour les Français.
En effet, les grèves des transports en commun au moment des congés de Noël ne sont pas rares. Le 9 novembre dernier, tous les syndicats de la SNCF ont appelé à une grève illimitée à partir du mercredi 11 décembre, pour réclamer un moratoire contre le démantèlement annoncé de Fret SNCF.
Ainsi, dans le détail hommes et femmes adhèrent majoritairement à l’idée de suivre l’exemple de l’Italie en interdisant la grève lors de cette période de l’année. Les hommes (63%) affichent néanmoins un taux d’adhésion légèrement supérieur à celui de leurs homologues féminines (62%), qui sont par ailleurs 2% à ne pas se prononcer sur la question.
Par ailleurs, les sondés les plus jeunes sont les moins enclins à valider cette interdiction. Les 18-24 ans sont seulement 41% à y adhérer et 3% à ne pas se prononcer. En parallèle, le pourcentage d’adhésion augmente avec l’âge, les 25-49 ans sont ainsi 58% à répondre à l’affirmative contre 70% pour les plus de 50 ans et 71% pour les plus de 65 ans.
Les sondés proches du NFP opposés à l’idée
Du point de vue des catégories socio-professionnelles des sondés, les résultats montrent que les inactifs sont 67% à estimer que la grève des transports en commun devrait être interdite durant les vacances de Noël, contre 62% pour les CSP+ et 57% pour les CSP-.

Sur le volet politique, les sondés proches des Républicains et du parti présidentiel Renaissance adhèrent très majoritairement à l’idée d’une interdiction des grèves des transports en commun durant les vacances de Noël. Ainsi, ils sont 89% à répondre oui pour les LR et 83% pour ceux du camp présidentiel.
Les sondés proches des partis de l’extrême droite et du Nouveau Front populaire, qui selon un sondage Harris Interactive d’avril 2022, sont ceux qui ont obtenu le plus de voix de la part des syndicats au premier tour de la dernière élection présidentielle, n’adhèrent pas ou moins à cette idée d’interdiction.
Ainsi, les sondés se réclamant du Rassemblement national sont 63% à avoir répondu à l’affirmative à la question de l’Institut CSA. Une courte majorité, 26 et 20 points derrière LR et Renaissance. Enfin, les sondés proches de la France insoumise, du Parti socialiste et des Écologistes ne sont respectivement que 40%, 45% et 43% à adhérer à l’idée d’une interdiction.
* Sondage réalisé les 12 et 13 novembre par questionnaire auto-administré en ligne sur un échantillon national représentatif de 1.010 personnes âgées de plus de 18 ans, selon la méthode des quotas.
![En Italie, il est possible de planifier les grèves des transports publics afin que les voyageurs puissent organiser leurs déplacements. [Miguel MEDINA / AFP]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_1qz29k-taille1200_63a430c4ba841_0.jpg?itok=j7xiz_D3)