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Colère des agriculteurs : à quoi faut-il s'attendre pour «l'acte 2», lancé ce lundi ?

D'après les syndicats, la mobilisation pourrait durer «jusque mi-décembre» et se traduira par des rassemblements devant les préfectures et sur des places ou ronds-points baptisés «de l'Europe». [FRANCOIS NASCIMBENI / AFP]

Les agriculteurs lancent «l'acte 2» de leur mobilisation, ce lundi 18 novembre. Ils prévoient des actions symboliques et comptent faire brûler des «feux de la colère».

Moins d'un an après avoir bloqué des sections d'autoroute pour faire entendre leur colère, les agriculteurs lancent ce lundi 18 novembre «l'acte 2» de leur mobilisation. Cette année, c'est notamment le potentiel aboutissement du projet d'accord de libre-échange de l'Union européenne (UE) avec les pays du Mercosur qui est source de crispations.

Ce projet doit permettre aux pays latino-américains, Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, d'écouler plus de boeuf, poulet ou sucre sans droits de douane en Europe. Voilà pourquoi l'alliance syndicale majoritaire, qui regroupe la FNSEA et Jeunes agriculteurs, a appelé ses troupes à manifester ces lundi et mardi, à l'occasion de la tenue d'un sommet du G20 au Brésil.

D'après les syndicats, la mobilisation pourrait durer «jusque mi-décembre» et se traduira par des rassemblements devant les préfectures et sur des places ou ronds-points baptisés «de l'Europe». Pour la même symbolique, des adhérents de la FNSEA et des JA prévoient d'occuper le «pont de l'Europe» qui relie Strasbourg (Bas-Rhin) à la commune allemande de Kehl.

Les agriculteurs n'ont pas prévu de bloquer des sections d'autoroute comme ils l'ont fait l'hiver dernier, mais comptent faire brûler des «feux de la colère». Ces derniers seront allumés ce lundi soir simultanément dans les départements.

Globalement, la mobilisation va s'articuler autour d'actions avant tout symboliques, à l'image du déversement de déchets qui a eu lieu vendredi devant le centre des impôts de Tarascon (Bouches-du-Rhône), rebaptisé pour l'occasion «ambassade du Brésil».

Selon le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, il est davantage question de faire comprendre la «situation d'urgence», parfois «dramatique» dans laquelle se trouve l'agriculture que de «bloquer» ou «d'ennuyer» les Français.

La promesse d'une «révolte agricole»

Quelques opérations-escargot pourraient malgré tout perturber le trafic automobile mais le président de la FNSEA a fait savoir qu'il s'oppose à ceux qui «veulent utiliser la violence» comme mode d'action. Il s'est en outre désolidarisé de l'appel de certains responsables de la Coordination rurale qui ont proposé d'«encercler» ou d'«affamer» certaines métropoles.

Le deuxième syndicat agricole doit tenir son congrès mardi et mercredi et compte en profiter pour déterminer comment amplifier sa mobilisation. La Coordination rurale a promis «une révolte agricole» avec un «blocage du fret alimentaire» dès mercredi dans le sud-ouest de la France si «aucune avancée» n'est constatée sur le dossier du Mercosur.

La Confédération paysanne, elle, troisième force syndicale, s'inscrit dans des actions pacifiques. Elle a notamment participé à des rassemblements anti-Mercosur à Bruxelles ou en Aveyron, manifestant devant le restaurant McDonald's de Millau, que ses militants avaient démonté en 1999.

Emmanuel Macron en Argentine

La Confédération s'inscrit contre la logique des syndicats majoritaires qui réclament moins de contraintes environnementales et plus de stockage de l'eau. Elle défend avant tout le revenu des paysans, l'accès au foncier mais réclame aussi un soutien à la transition agro-écologique.

L'alliance FNSEA-JA met en avant les mauvaises récoltes, les maladies animales émergentes, et estime ne pas avoir récolté les fruits de la colère de l'hiver dernier. La concrétisation des 70 engagements pris par le gouvernement Attal tarde, ralentie par la dissolution de l'Assemblée nationale. Les agriculteurs estiment que les normes auxquelles ils sont soumis sont toujours aussi complexes et les revenus insuffisants.

En déplacement en Argentine avant le sommet du G20, Emmanuel Macron a tenté de rassurer les acteurs agricoles, déclarant : «Nous allons continuer de nous opposer» à l'accord avec le Mercosur.

Comme les agriculteurs, la classe politique française est jusqu'ici toujours allée contre le projet mais la Commission européenne, poussée par certains pays comme l'Allemagne ou l'Espagne, semble décidée à signer cet accord d'ici à la fin de l'année.

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