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Éducation sexuelle à l’école : «On formate les enfants idéologiquement», dénonce Ludovine de la Rochère

Ludovine de la Rochère trouve néanmoins des points positifs dans ce nouveau programme. [DR]

Présidente du syndicat de la Famille, Ludovine de la Rochère, a livré à CNEWS son sentiment sur le programme d'éducation à la vie relationnelle, affective et à la sexualité qui doit entrer en vigueur à la rentrée scolaire 2025-2026.

Consentement, LGBTphobie, adultes de confiance... Le nouveau programme d'éducation à la vie relationnelle, affective et à la sexualité (EVRAS) fait polémique. Ludovine de la Rochère, présidente du syndicat de la Famille, a confié à CNEWS ses craintes face à ce projet de l'Éducation nationale

Vous accusez ce programme de «wokisme», un mot très souvent employé, quelle définition lui donneriez-vous ? 

Pour moi le wokisme, c’est une vision du monde qui considère qu’il y a des coupables et des victimes. Il y a des personnes qui sont coupables parce qu’elles sont hommes et victimes puisque femmes. Des personnes coupables puisque blanches et victimes car de couleurs, ou encore coupables car hétérosexuelles et victimes parce que LGBT

C’est donc une vision du monde très simpliste, très caricaturale et qui ne correspond pas à la réalité très complexe de l’humain et des relations sociales. On plaque une lecture manichéenne et ça nous amène à des erreurs de compréhension, d'interprétation, de diagnostic majeures.

Dans le wokisme, il y a la partie genre donc homme et femme mais il y a aussi la partie décolonialiste, c’est la question de la couleur de peau et puis il y a la question LGBT versus hétérosexualité. 

Le wokisme déresponsabilise d'une manière très grave puisqu’on n'est pas responsable de nos actes parce qu'on est de toute façon coupable ou victime quoi que l’on fasse.

En quoi considérez-vous que la lutte contre les stéréotypes de genre puisse-t-elle être négative ? 

Là où je trouve ça choquant, c’est que c’est une évidence. Je ne connais pas d’instituteur qui dise à des enfants, ça, c'est pour les filles, ça, c'est pour les garçons. Ce qui est délirant, c’est de faire croire que de manière systémique et de manière inconsciente qu'on serait imprégné de l’idée de la «supériorité» des garçons et de «l’infériorité» des filles. 

Dans l'éducation, on appelle à respecter les autres

C’est partir du principe que forcément, dès la naissance, on élève un enfant dans les stéréotypes de genre pour donner plus de place aux garçons. Bien entendu, il y a une part de vérité mais cela part d’une vision complètement caricaturale du monde. Il y a une obsession de l’égalité alors qu’il faudrait valoriser nos différences.

Dans le programme (page 9) on dit «vivre l’égalité». Évidemment, je suis favorable à l’égalité mais en fait les enfants de maternelle ne se posent pas ces questions-là et on va leur parler de stéréotypes de genre. On n’a pas besoin de leur dire ça. Il faut qu’on les laisse spontanément jouer où ils veulent, bien entendu, sans leur dire que tel jeu est pour quel genre. Cela se fait naturellement. 

Je pense qu'il faut lutter contre les mauvais stéréotypes de genre et tout simplement ça s'appelle l'éducation et dans l'éducation, on appelle à respecter tous les autres.

Le programme explique qu’il faut «expliciter les assignations de rôle et les stéréotypes perceptibles», ce qui confirme bien que tout a un arrière-plan idéologique très fort. Bien sûr, il faut signifier que les filles et les garçons choisissent d'être qui ils sont mais il n'y a pas besoin d'en faire une espèce de lavage de cerveau en le répétant tous les ans.

Vous parlez d’idéologie, vous estimez donc que ce programme va au-delà de l’enseignement pur et dur ?

Oui, le programme commence avant 4 ans, c'est-à-dire à 3 ans à l'entrée en maternelle. C'est un âge où les enfants sont très manipulables, les parents sont absents du programme et on est dans une approche complètement inspirée du wokisme. On apprend aux enfants un patriarcat systémique où l'homme est coupable et la femme victime. 

Par exemple, dès la maternelle, les différentes «structures parentales» [NDR - hétéroparentales, monoparentales, homoparentales...] sont présentées aux enfants. On n'a pas besoin de définir de manière conceptuelle tous les types de famille.

Là, c'est pour inscrire dans la tête de l'enfant de 3 ans qu'il peut y avoir deux papas ou deux mamans pour concevoir un enfant. On formate les enfants idéologiquement. On vient faire des revendications LGBT aux tout-petits. 

Je pense qu'il faut éduquer les enfants à respecter tous les petits copains et copines de classe sans pour autant rentrer dans le détail de tous les schémas familiaux qui révèlent de l'idéologie. 

Tout comme certaines associations, considérez-vous que les parents et les familles dites traditionnelles sont invisibilisés par ce programme ? 

Pour promouvoir l'égalité, l'éducation la plus efficace, c'est tout d'abord l'éducation familiale, donc on devrait surtout responsabiliser les familles. L’État ne peut pas éduquer à la place de la famille. Il y a des familles maltraitantes mais dans l'immense majorité des familles ce n'est pas le cas. Néanmoins, nos gouvernements estiment que les familles sont néfastes.

Les plus à même d'élever les enfants, ce sont les familles. Bien entendu, il faut faire de la prévention, il faut accompagner, il faut soutenir la famille mais pour ça il faut une politique familiale. Malheureusement, il y a des familles maltraitantes mais justement, c'est pour ça que la prévention est importante. Mais instillé la méfiance, la défiance des parents à des tout-petits, c'est invraisemblable. 

Que répondez-vous à ceux qui disent que de toute manière les cours d’EVRAS ne sont pas dispensés ? 

Le grand prétexte du programme, c’est que les cours d’éducation sexuelle ne seraient pas dispensés. En fait, tout le monde a eu des cours de SVT (Sciences de la vie et de la Terre), tout le monde a eu l’homme et la femme, la puberté, le système de reproduction, le cycle féminin, l’érection… Donc c’est un mensonge énorme quand on prétend que 15% des élèves seulement ont eu ces cours. 

En fait, ce qu’ils veulent dire, c’est que toute la partie plus idéologique n’est pas faite partout, encore que la lutte contre les discriminations, je pense qu’elle est faite partout. 

Malgré les défauts que vous pointez du doigt, avez-vous trouvé des points positifs dans ce programme ? 

Oui, il y a du positif. On aborde les sentiments, les émotions, ce qui n’est pas le cas pour le moment dans ce qui est fait en éducation sexuelle. On aborde le respect, la prévention de la pornographie mais aussi les dangers des réseaux sociaux. 

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