Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a détaillé, ce lundi 23 décembre, la composition du gouvernement de François Bayrou, dix jours après sa nomination au poste de Premier ministre. Sur les réseaux sociaux, les réactions politiques se sont rapidement succédé.
Les rumeurs couraient depuis plusieurs jours, mais c'est enfin fait : le gouvernement du Premier ministre François Bayrou a été annoncé, ce lundi 23 décembre, dix jours après l'arrivée de ce dernier à Matignon.
Dans le détail, suivant cette longue semaine de consultations, plusieurs anciens ministres sont de retour, dont Élisabeth Borne qui prend le poste de ministre de l'Éducation, Manuel Valls au ministère des Outre-Mer ou encore Gérald Darmanin à la Justice.
Le nouveau Premier ministre s'est dit «fier de l’équipe présentée», à l'aide de laquelle il souhaite «renouer la confiance avec tous les Français».
Je suis très fier de l’équipe présentée ce soir. Un collectif d’expérience pour réconcilier et renouer la confiance avec tous les Français.
— François Bayrou (@bayrou) December 23, 2024
Des premières menaces de censure
À la suite de cette liste attendue, d'une trentaine de ministres, plusieurs figures politiques ont pris la parole. En effet, quelques minutes après l'annonce du casting final, Sandrine Rousseau (NFP), a réagi via un post X : «Tout cela va vraiment mal finir».
Tout cela va vraiment mal finir.
— Sandrine Rousseau (@sandrousseau) December 23, 2024
De son côté, Jean-Luc Mélenchon pointe du doigt un «nouveau déni du vote des Français», «négocié sous le contrôle de Le Pen». L'insoumis en chef appelle à la destitution d'Emmanuel Macron, afin de «rendre le pouvoir aux Français».
C'est trop !
Bayrou presentera-t-il ou pas la motion de confiance ?
Sinon, seule la censure permettra de dire, «Non» à ce nouveau déni du vote des Français negocié sous le contrôle de Le Pen.
La destitution de l'organisateur de ce naufrage est plus urgente que jamais pour…— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) December 23, 2024
Clémence Guetté (LFI), Première vice-présidente de l’Assemblée nationale, demande déjà une «censure», et, elle aussi, la «destitution d'Emmanuel Macron», qu'elle tient responsable pour ce qu'elle juge être un «sinistre spectacle». «Le pire est toujours possible en Macronie, cornaquée par l'extrême-droite», a-t-elle affirmé.
Bayrou a nommé son gouvernement.
Darmanin, Borne, Retailleau, Bergé, Valls... : le pire est toujours possible en Macronie, cornaquée par l'extrême-droite.
Vivement que le responsable de ce sinistre spectacle s'en aille.
Censure, mobilisation, destitution de Macron. pic.twitter.com/9Whcu2Q6TF— Clémence Guetté (@Clemence_Guette) December 23, 2024
La copie de François Bayrou n'est pas bonne pour Manon Aubry (LFI), qui voit dans l'équipe proposée un «gouvernement de perdants, dégoûtants» et de «revenants». L'eurodéputée affirme que les ministres du nouveau gouvernement «vont vite partir».
Valls aux Outre-Mer, Borne l'éducation, Retailleau l'intérieur, Darmanin la justice....
Non mais sérieusement c'est le gorafi qui a choisi les ministres #Bayrou ?
Un gouvernement de perdants, dégoûtants & revenants.
Qu'ils ne déballent pas leurs cartons, ils vont vite partir!— Manon Aubry (@ManonAubryFr) December 23, 2024
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, s'est également montré virulent, qualifiant le nouveau gouvernement de «provocation». «La droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l’extrême droite», a-t-il ajouté.
Ce n’est pas un gouvernement c’est une provocation. La droite extrême au pouvoir sous la surveillance de l’extrême droite. #Bayrou
— Olivier Faure (@faureolivier) December 23, 2024
À droite, Eric Ciotti (UDR) pointe du doigt un «gouvernement enchaîné à l’impuissance du en-même-temps». «Tous servent de caution à un Président sans majorité et aucun soutien ni démocratique, ni populaire», écrit-il dans son poste X.
La coalition des minorités macronistes accouche en catastrophe d’un gouvernement enchaîné à l’impuissance du en-même-temps. Même les derniers éléphants socialistes participent à une équipe de revenants politiques soulignant l’isolement du ministre de l’Interieur.
L’immobilisme…— Eric Ciotti (@eciotti) December 23, 2024
Marine Le Pen, cheffe de fil du groupe RN à l'Assemblée, affirme que l'exécutif devra maintenant «changer de méthode, écouter et entendre les oppositions». Elle souligne néanmoins «une absence manifeste de légitimité et une majorité introuvable».
Les Français n’attendaient pas grand chose de la nomination d’un gouvernement qui s’appuie comme le précédent sur une absence manifeste de légitimité et une majorité introuvable. L’exécutif est ce soir en place, il va devoir changer de méthode, écouter et entendre les…
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) December 23, 2024
«La coalition de l'échec», souligne à son tour Jordan Bardella (RN), qui s'amuse : «Heureusement que le ridicule ne tue pas».
Heureusement que le ridicule ne tue pas.
Hélas, rien n’aura été épargné aux Français : François Bayrou a réuni la coalition de l’échec.
En 2025, plus que jamais, le RN sera là pour défendre et protéger nos compatriotes, en attendant l’alternance.— Jordan Bardella (@J_Bardella) December 23, 2024
Il affirme également que le «RN sera là pour défendre et protéger nos compatriotes».