Avec ses vœux aux Français dévoilés à 20h ce mardi, Emmanuel Macron clôt ce qui aura été pour lui une longue et difficile année 2024. Après la dissolution de l’Assemblée nationale et l’instabilité à Matignon, 2025 peut-elle être encore plus calamiteuse pour le président de la République ?
Pas de répit pour Emmanuel Macron ? Ce mardi 31 se termine l’année 2024, une année particulièrement catastrophique pour le président de la République qui a dû faire face à une dissolution de l’Assemblée nationale, à la censure de son Premier ministre et à de multiples crises aussi bien politiques, économiques et sociales. Pourtant, 2025 s’annonce encore plus difficile pour le chef d’État.
«L’année 2024 a été l’année de la dissolution, l’année 2025 sera celle des conséquences de la dissolution. 2025 sera l’année de la facture», commente sobrement à CNEWS, le politologue Philippe Moreau Chevrolet, ce «sera une "annus horribilis" pour Emmanuel Macron».
Une année «horrible» pour le chef de l’État qui ne pourra pas compter sur le secours des JO, ni de Notre-Dame de Paris pour préserver son image. De plus, «au-delà de l’instabilité gouvernementale et du déficit budgétaire, la question qui se pose est celle de la capacité de l’exécutif français à prendre des décisions rationnelles. Au plan domestique comme international», a estimé Philippe Moreau Chevrolet.
Vers une élection présidentielle anticipée ?
«C’est l’année de tous les dangers pour Emmanuel Macron. L’instabilité au Parlement va être renforcée par la perspective des municipales en 2026 pour lesquelles tous les grands candidats sont déjà en campagne», poursuit l’expert.
L’année 2025 pourrait également être la dernière d’Emmanuel Macron en tant que président de la République. En effet, pour Philippe Moreau Chevrolet : «Si le parlement décide de paralyser l’action gouvernementale, la question de la démission du président de la République se posera. En l’état actuel des choses, on ne peut pas exclure cette dernière.»
Selon le politologue, «tous les facteurs sont réunis pour pousser Emmanuel Macron à la démission». Ce dernier cite par exemple «une dissolution ratée, la perte de sa majorité relative au Parlement, la perte de contrôle de son groupe parlementaire - passé chez Gabriel Attal, qui a mené seul la campagne législative - donc le président n’a plus le contrôle de sa propre majorité» ou encore «la radicalisation des oppositions».
Il ne s’agit ici que d’une «hypothèse possible qui n’est pas encore probable», «Emmanuel Macron pourrait vouloir partir la tête haute avec un scénario gaullien comme en 1970», ajoute Philippe Moreau Chevrolet qui exclut totalement la possibilité d’une destitution.