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Mayotte : pourquoi le déploiement du système Starlink annoncé par François Bayrou fait-il polémique ?

La solution d'Elon Musk offre une certaine couverture. [SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP]

Au lendemain des annonces de François Bayrou concernant le soutien à la population mahoraise après le passage du cyclone Chido, de nombreuses voix se sont faites entendre concernant l'emploi de Starlink, la solution de connectivité par satellite d'Elon Musk.

«Pas un mot pour les opérateurs et surtout pour leurs collaborateurs sur place». Ce sont avec ces mots publiés sur le réseau social X que Laurentino Lavezzi, directeur des affaires publiques d’Orange, a réagi à la décision de François Bayrou de déployer le système américain Starlink à Mayotte, après le passage du dévastateur cyclone Chido. 

En effet, au lendemain de la prise de parole du Premier ministre concernant les aides qui seront apportées à Mayotte, les critiques se sont multipliées à son encontre concernant l’utilisation de Starlink, le système mis en place par Elon Musk et permettant de fournir un accès à Internet en s’appuyant sur une constellation de satellites.

Selon Laurentino Lavezzi, il est notamment regrettable que le système Starlink ait été privilégié au niveau de l’allocation de groupes électrogènes plutôt que les opérateurs français. «Avec quatre générateurs électriques seulement, la couverture mobile Orange passerait de 75 à 85% de la population», a-t-il notamment déploré, estimant également que le réseau Wi-Fi offert par la solution américaine était «bien moins couvrant et performant qu'un réseau mobile».

Une utilisation de matériel américain qui fait du bruit

En plus de la qualité du réseau, c’est également la question d’une ingérence qui flotte dans l’air : offrant régulièrement son aide pour offrir un réseau nécessaire après des catastrophes naturelles, notamment aux États-Unis, Elon Musk, par le biais de son entreprise, a été sollicité par les autorités françaises. Avec un risque de dépendance à l’avenir.

Pour lutter contre cette possibilité, l'Union européenne a lancé un projet de constellation de satellites Iris 2 pour se positionner face à SpaceX, mais la connexion ne devrait débuter qu'à l'échéance 2030, avec 290 satellites multi-orbitaux. Une solution loin de rattraper l'avance prise par SpaceX, qui avait indiqué début 2024, disposer de 6.000 satellites Starlink en orbite.

Si le directeur des affaires publiques s’est montré critique, l’entreprise a déclaré que Starlink était une «solution temporaire utile», rappelant que la priorité des équipes d’Orange «restait de poursuivre le rétablissement du réseau mobile».  

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