Le Premier ministre François Bayrou a prononcé ce mardi sa déclaration de politique générale devant les députés. Lors de sa prise de parole, il a notamment annoncé la reprise des discussions concernant la réforme des retraites.
Un grand oral de presque 1h30. Ce mardi, François Bayrou a prononcé sa déclaration de politique générale devant les députés de l’Assemblée nationale. Avant même de dérouler sa feuille de route, le Premier ministre a abordé la situation de son gouvernement, dont la composition a été décriée notamment à gauche.
«Contrairement à ce que beaucoup pense, la situation de ce gouvernement présente un avantage considérable, a-t-il estimé depuis la tribune. Quand tout va bien on se repose sur ses lauriers. Quand tout va mal on est contraint au courage», a-t-il ajouté.
Dénonçant la situation de surendettement de la France, François Bayrou est revenu sur les mesures prises par les prédécesseurs d’Emmanuel Macron, allant même jusqu’à s’adresser aux parlementaires. «Il y en aura pour tout le monde», a-t-il lancé, comparant cette dette à une «épée de Damoclès».
La place de la France dans le monde
Pointant du doigt un «monde brutal», François Bayrou a considéré que la France disposait «d'atouts», citant «sa diplomatie, la force et la présence de ses armées».
Le Premier ministre a adressé une pensée aux «otages retenus par le Hamas», et de tous les otages, «dont nous exigeons la libération».
Une reprise du débat sur les retraites
Depuis la tribune, François Bayrou a dressé trois «échéances». «Il est nécessaire d'adopter sans tarder les deux budgets de l'Etat», «mettre en place les conditions de la stabilité, ce qui impose de se réconcilier», et «la question des retraites».
«La réforme des retraites est vitale pour notre pays et notre modèle social. Je choisis donc de remettre ce sujet en chantier, avec les partenaires sociaux, pour un temps bref, et dans des conditions transparentes. Selon une méthode inédite et quelque peu radicale», a-t-il annoncé.
«Le chef du gouvernement a ainsi indiqué demander une mission flash à la Cour des comptes, de quelques semaines», dont les résultats seront dévoilés dans quelques semaines.
François Bayrou a également annoncé la «création d'une délégation», proposant «aux représentants de chaque organisation de travailler autour de la même table, de s’installer dans les mêmes bureaux, ensemble, pendant trois mois à dater du rapport de la Cour des comptes».
Le chef du gouvernement a ainsi fait savoir que «si les partenaires ne s'accordaient pas», ce serait «la réforme actuelle qui continuerait à s'appliquer».
Réforme de l'Etat et Banque de la Démocratie
Le locataire de Matignon a cité une série de créations de «fonds». A commencer par «la création d’un fonds spécial entièrement dédié à la réforme de l’État, financé en réalisant une partie des actifs en particulier immobiliers qui appartiennent à la puissance publique de façon à pouvoir investir, par exemple, dans le déploiement de l’intelligence artificielle dans des services publics».
De plus, François Bayrou a souhaité «la création de la banque de la démocratie, pour que le financement des partis politiques et des campagnes ne dépende plus de choix de banques privées mais d’organismes publics, placés sous le contrôle du Parlement».
Une réforme du mode de scrutin
Dans une volonté de «pluralisme» et que «chacun trouve sa place au sein de la représentation nationale», le Premier ministre a plaidé pour «une réforme du mode de scrutin législatif». «Chacun exprimera alors sa position, a-t-il indiqué. Il y a une option à prendre sur ce principe et une discussion à avoir sur ses modalités», émettant l'idée d'un scrutin proportionnel pour les élections législatives.
L'Egalité entre les femmes et les hommes
François Bayrou a également jugé qu'il était nécessaire de porter une attention particulière à «l'égalité entre les femmes et les hommes».
«C’est un combat de civilisation, que nous devons porter ici et ailleurs. Partout où les femmes subissent l’intolérable. Je pense en particulier au sort des femmes afghanes. Cette égalité suppose une lutte sans merci contre les violences sexuelles ou sexistes, mais aussi pour l’égalité salariale et professionnelle».
L'immigration est une «question de proportion»
François Bayrou a considéré que l'immigration était une «question de proportion».
«Il est donc de notre devoir de conduire une politique de contrôle, de régulation et de renvoi dans leur pays de ceux dont la présence met en péril la cohésion de la Nation», a-t-il lancé, pointant du doigt le fait que «93% des OQTF n'étaient pas exécutées».
Défendant une politique «d'intégration», le Premier ministre a annoncé la «réactivation du comité interministériel de contrôle de l’immigration».
Un message adressé aux gilets jaunes
Le Premier ministre a appelé à ne «pas oublier les gilets jaunes», estimant qu'il fallait «reprendre l'étude des cahiers de doléances».
François Bayrou : «Nous devons reprendre l'étude des cahiers de doléances présentés par les Gilets jaunes» pic.twitter.com/jBcVy6DtaE
— CNEWS (@CNEWS) January 14, 2025
«Je pense à tous nos Outre-Mer»
Revenant sur le Plan «Mayotte debout», visant à reconstruire l'île ravagée par le cyclone Chido, le chef du gouvernement a annoncé vouloir traiter chaque territoire ultramarin «selon sa situation». En ce sens, il a indiqué vouloir établir «un plan de développement et de financement dans le cadre d’un nouveau Comité interministériel des Outre-mer que le ministre d’Etat préparera avec les élus de ces territoires».
Le Premier ministre a également souhaité que le processus politique reprenne en Nouvelle-Calédonie, «avec des négociations qui devront aboutir à la fin du trimestre».
la Santé au coeur des priorités
Soulignant que la santé était la «première préoccupation des Français», François Bayrou a exhorté à répondre à la crise et renforcer l’accès aux soins.
Le Premier ministre a affirmé que «la mesure de déremboursement de certains médicaments et des consultations ne sera pas reprise».
Enfin, François Bayrou a fait savoir qu'il comptait faire de la santé mentale «la grande cause nationale en 2025, comme l’avait décidé Michel Barnier».