Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Publicité pour les jeux d'argent : 75% des jeunes du département le plus pauvre veulent qu'ils soient «moins disponibles, voire interdits»

2,7% des jeunes de Seine-Saint-Denis ont une pratique des jeux d'argent préoccupante. [Frank PERRY / AFP]

En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine, les jeunes de 13 à 25 ans estiment qu’il y a trop de publicité pour les jeux d’argent. Selon une étude rendue publique ce jeudi, ils sont même 75,9% que ces jeux devraient être «moins disponibles, voire interdits».

Une opposition ferme. Selon une étude menée auprès d'un échantillon représentatif de 1.949 jeunes de 13 à 25 ans habitants dans le département le plus pauvre de France métropolitaine (Seine-Saint-Denis), 82% d’entre eux estiment qu’il «y a trop de publicité pour les jeux d'argent».

Les sondés sont par ailleurs les trois quarts (75,9%) à estimer que les jeux d'argent et de hasard devraient être «moins disponibles, voire interdits», de plus, 82,9% ont validé l’affirmation selon laquelle, «les opérateurs de jeu (Winamax, FDJ, PMU, etc.) cherchent à rendre les joueurs accros».

Le sociologue Thomas Amadieu, auteur de cette enquête financée par le département a souligné que si «les jeunes ont un regard critique sur les publicités», ils «déclarent que ça leur donne quand même envie parce que ce sont des célébrités, des influenceurs, qui disent qu'il est possible de gagner».

La France en retard sur la législation

L’expert a précisé que la France «accuse un certain retard» par rapport à ses voisins européens. L’Espagne, la Belgique ou encore l’Italie «ont agi pour interdire ou limiter la publicité pour les jeux d'argent».

Le président socialiste du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, a dénoncé à plusieurs fois reprises ces dernières années «le fait que les opérateurs sportifs utilisent des techniques marketing de plus de plus en plus agressives pour inciter les plus jeunes à dépenser de sommes considérables».

Selon l’étude, la part de jeunes concernés par une pratique de jeu particulièrement préoccupante ne représente que de 2,7% de l'échantillon. Néanmoins, en projetant les données, cela pourrait toucher 7.500 jeunes de Seine-Saint-Denis.

Cette minorité, dite des jeunes «vulnérabilisés», s'initie en moyenne à 14 ans aux jeux d’argent. La plupart ont vu leurs parents jouer et sont issus de milieu précaire. Or, selon l'étude, «près de la moitié est dans une situation d'endettement causée par le jeu».

Alors que le budget du sport est menacé par des coupes sévères en France, Stéphane Troussel a mis en avant ce jeudi auprès de l'AFP «la proposition d'augmenter le plafond de la taxe sur les paris sportifs, d'abord pour financer la poursuite des programmes sportifs - y compris ceux hérités des Jeux olympiques».

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités