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Salle de shoot à Paris : l'expérimentation près de la gare du Nord ne fait toujours pas l'unanimité auprès des riverains

Depuis 2016, aucune mort par overdose n'a été enregistrée dans le quartier de la gare du Nord selon la Maire du 10e arrondissement. [©Patrick KOVARIK/AFP]

Après 9 années d’expérimentation, la salle de shoot de la gare du Nord à Paris fermera ses portes à la fin de l'année 2025. Une période qui laissera un souvenir mitigé aux riverains.

Des avis partagés. Au moment où l'expérimentation de la salle de shoot près de la gare du Nord à Paris entre dans sa dernière année, les riverains se sont montrés mitigés au regard du bilan de l'expérience. Pour rappel, la salle de shoot parisienne, aussi appelée «salle de consommation à moindre risque» a ouvert en 2016. Tout comme son homologue strasbourgeoise, ce lieu a été destiné pendant près de neuf ans à accueillir «les plus démunis et exclus du système de soin». Elle fermera ses portes à la fin de cette année.

Ce sont entre 200 et 300 visiteurs quotidiens qui viennent s’injecter des doses de leurs produits sous la surveillance du personnel médical et à l’aide des seringues distribuées par ce dernier. Tony, consommateur, a raconté l'évolution des lieux. «Avant c'était le bordel, on était une cinquantaine par terre. On se shootait dans les parkings, les gosses passaient à côté», a-t-il décrit.

«c'était déjà le cas avant mais dans la rue»

Skenan, un autre usager, dresse lui aussi un bilan positif de l’ouverture de la salle. «Certains riverains se plaignent du fait que la salle réunisse des toxicomanes, c'était déjà le cas avant mais dans la rue», explique-t-il.

Le son de cloche n’est pas le même pour Laetitia, riveraine depuis 1978 et membre de l'association Riverains Lariboisière Gare du Nord, fermement opposée au maintien d’une salle de shoot dans le quartier. Selon elle, la fréquentation des toxicomanes dans le quartier avant l’ouverture de la salle et maintenant est «sans aucune mesure».

Les 250 consommateurs qui font la queue quotidiennement ont créé «un climat terrible», raconte la quinquagénaire. «Quand vous vivez avec ça depuis huit ans, vous arrivez à la conclusion que c'est une erreur d'avoir mis ça là», ajoute-t-elle, pointant du doigt les points de deal autour du lieu, «la salle ne peut fonctionner s'il n'y a pas de deal autour».

Des effets positifs sur la santé des consommateurs

Les inspections générales des affaires sociales et de l'administration ont quant à elles estimé que l’impact de la salle sur le quartier était bénéfique. Un rapport d’octobre 2024 estime que «les salles améliorent la tranquillité publique en diminuant les consommations de rue» et «n'engendrent pas de délinquance». Les morts par overdose ont été réduites à zéro selon la maire du 10e arrondissement, Alexandra Cordebard et les infections au VIH et à l’hépatite C réduites, selon l’Inserm.

Une riveraine depuis 20 ans, Cécile Dumas, a bien accueilli l’ouverture de la salle, qui lui a permis de trouver des interlocuteurs. «On n'est plus seuls face à un problème qui nous dépasse tous, personne ne sait comment réagir seul» face à un toxicomane, confie-t-elle. D'après Laure, consommatrice de 23 ans, la fermeture de la salle n'arrêtera de toute façon pas le trafic ni la consommation de stupéfiants autour de la gare du Nord, qui sévissent depuis plus de 20 ans dans ce quartier parisien. 

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