La grippe est partout dans les salles d'attente des médecins cet hiver. L'épidémie est d'autant plus forte que tous les types du virus circulent dans tout le territoire.
Une épidémie coriace. La France connaît une vague de grippe particulièrement puissante depuis le début de l'hiver. De nombreux hôpitaux sont submergés par des patients atteints de la maladie hivernale. L'entièreté du territoire national est en alerte épidémie, selon santépubliquefrance.fr.
Au micro de Franceinfo, le directeur adjoint du Centre national de référence de la grippe à l'Institut Pasteur, Vincent Enouf détaille : «Ce qui est assez inhabituel, c'est la circulation des trois types viraux au même moment. Toutes les classes d'âge, aujourd'hui, sont touchées par la grippe».
En effet, la grippe se divise en trois types pour les êtres humains : A, B ou C. Les virus de type A, par exemple H1N1 ou H3N2 sont les plus communs. Ils sont généralement responsables des grosses épidémies comme en 2009. Ce type de virus peut aussi infecter les animaux comme les bovins.
Les virus grippaux de type B n'entraînent majoritairement que des épidémies localisées, notamment dans les petites communautés grâce à sa facilité de transmission. Ils ne concernent quasi exclusivement que les humains. Pour terminer, les virus de type C sont les plus bénins. Ils sont détectés moins souvent et n'ont pas d'importance notable pour la santé publique.
les enfants en première ligne
«Les enfants sont particulièrement sensibles, cette année, au virus de type B (responsable des épidémies locales et saisonnières, car la transmission est plus facile grâce aux sécrétions respiratoires) Généralement, ils ne sont pas intéressants pour provoquer de grosses épidémies», tempère néanmoins le professeur Vincent Enouf. Les enfants les plus touchés par la grippe avec des cas plus graves sont ceux atteints de comorbidités ou de problèmes respiratoires, mais également atteint de troubles immunitaires.
Pour les 905 cas de grippe présents en réanimation, 47% sont des personnes de plus de 65 ans. Au cours de la quatrième semaine de l'année, l'augmentation est assez significative. En médecine de ville, le taux de positivité est à 59,5% avec une hausse de 9,6 points comparée à la semaine trois. En hôpital, le taux d'incidence est un peu moins notable puisqu'une augmentation de 0,8 point a été constaté.
L'agence de santé publique estime que les indicateurs hospitaliers sont à la hausse, mais surtout que la mortalité est plus élevée cette année.
Une campagne de vaccination étendue
La campagne de vaccination a été étendue. Elle était initialement prévue jusqu'au 31 janvier, mais est prolongée jusqu'au 28 février afin de permettre à un maximum de personnes de pouvoir être protégées à la maladie saisonnière.
Les professionnels de santé estiment qu'il est préférable d'instaurer une période d'incubation après avoir reçu le vaccin. En effet, les anti-corps vont se former et travailler dans une période de 10 à 15 jours après vaccination. Les indications sont donc d'éviter les zones remplies de monde, de porter un masque et de se laver les mains très régulièrement.