Le 1er février 2000, la loi Aubry qui faisait des 35 heures la durée légale du travail était appliquée dans les entreprises de plus de 20 salariés. 25 ans plus tard, elle est aujourd’hui sujette à certaines remises en cause.
Une avancée sociale pour certains, un frein à la compétitivité pour d’autres. Le 1er février 2000, la réforme fixant à 35 heures la durée légale du travail dans les entreprises de plus de 20 salariés était appliquée.
Cette loi, présentée par l’actuelle maire de Lille Martine Aubry, alors ministre de l’Emploi et de la Solidarité au sein du gouvernement de Lionel Jospin, votée en 1998, s’inscrivait alors dans un objectif de créations d’emplois, mais aussi d’amélioration du temps de travail pour les employés.
Pour rappel, les 35 heures représentent la durée légale du travail, mais non la durée effective. Elles ne concernent pas les indépendants, les professions libérales ou encore les artisans. Elles ne représentent pas également les cadres et les salariés au forfait jour, dont le temps de travail n’est pas décompté en heures.
Une loi difficile à modifier
Alors que cette loi fête aujourd’hui les 25 ans de son application, celle-ci est parfois la cible de certains politiques.
Si elle a été assouplie et aménagée, elle n’a jamais été retirée par les précédents gouvernement.
En 2013, grâce à un accord de maintien dans l'emploi avec ses syndicats, une entreprise en difficulté peut augmenter le temps de travail et baisser la rémunération de ses salariés pendant une période qui ne peut pas excéder deux ans.
En octobre dernier, lors des travaux budgétaires du gouvernement de Michel Barnier, l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, alors député, avait affirmé vouloir «mettre définitivement fin aux 35 heures», en vigueur en France depuis plus de deux décennies et «renvoyer le temps de travail au dialogue dans l'entreprise».
La France au niveau de la Finlande
Selon une étude de l'institut d'obédience libérale Rexecode, la durée effective annuelle du travail des salariés à temps complet en France était en 2022 la plus courte en Europe après la Finlande.
«Quand vous augmentez le temps de travail, vous augmentez la production dans l'économie et l'ensemble des recettes de TVA ou de cotisations sociales et fiscales», a expliqué Olivier Redoulès, directeur du pôle Etudes de Rexecode, à l’AFP.
En outre, rallonger le temps de travail hebdomadaire, en tirant à la hausse le pouvoir d'achat et la demande, a «des effets macroéconomiques qui peuvent être plus rapides» que la réforme des retraites, qui augmente le temps travaillé au cours de toute une vie mais dont les effets ne sont que très progressifs.
Si on ajoute les temps partiels, la durée moyenne de travail en France remonte toutefois au-dessus de celle de l'Allemagne et de l'Europe du Nord, où le temps partiel est beaucoup plus répandu que dans l'Hexagone, selon la même étude.
L'Insee a de son côté mesuré que dans le secteur privé français, la durée habituelle hebdomadaire du travail des salariés à temps complet est de 38,9 heures en 2022, bien au-delà des 35 heures.