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Galères à Paris : ZTL, périphérique, 30km/h… Les Parisiens excédés par les conditions de circulation

La Zone à trafic limité (ZTL) concerne les quatre premiers arrondissements de Paris. [Martin LELIEVRE / AFP]

Près de quatre mois après l'abaissement de la vitesse sur le périphérique parisien à 50km/h et la mise en place de la ZTL dans l'hypercentre, la colère des automobilistes ne redescend pas. 

Pour ces Franciliens, l'utilisation de la voiture est devenue une vraie difficulté. Alors que la fin d'année 2024 a coïncidé avec plusieurs décisions de taille pour limiter la place de la voiture à Paris, les automobilistes désespèrent.

Entre la réduction de la vitesse à 50km/h sur les voies du boulevard périphérique, la mise en place de la Zone à trafic limité (ZTL) dans les quatre premiers arrondissements, ainsi que la concentration des véhicules à certains points de passages stratégiques, les usagers de la route regrettent une stigmatisation.

De son côté, la Ville poursuit petit à petit sa politique écologiste et espère, via ces ajustements, réduire à la fois les pollutions sonore et atmosphérique.

Le flou autour de la ZTL 

Mise en place début novembre 2025 par la municipalité parisienne, la Zone à trafic limité (ZTL) exclut, dans les quatre premiers arrondissements de la capitale, la circulation de transit. 

En clair, seuls les véhicules dont la destination se situe dans un de ces arrondissements sont autorisés à circuler dans l'hypercentre.

Mais dans les faits, l'application de cette limite ne se traduit pas par une baisse du trafic et les automobilistes dénoncent une augmentation des embouteillages depuis la mise en place de cette ZTL.

«L'impact est nul mais on le savait. Il y avait déjà une étude menée par la Ville de Paris, tant sur la pollution que le report de trafic. La ZTL était censée améliorer à la marge les émissions polluantes dans les premiers arrondissements de Paris. Malheureusement, toutes ces petites réductions sont contrebalancées par une hausse exponentielle des émissions dans les boulevards adjacents», a de son côté fustigé Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.

«Tout est bouché depuis 14h», se plaignait encore il y a quelques jours un internaute sur X, postant une vidéo du trafic à l'arrêt complet au croisement de la rue Etienne Marcel et du Boulevard de Sebastopol (2e).

«La ZTL de Paris Centre : des bouchons aggravés», a déclaré un autre utilisateur de la plate-forme, regrettant avoir manqué un rendez-vous médical important en raison des forts embouteillages. 

Si de son côté, la Ville de Paris défendait déjà en novembre dernier que la mise en place de la ZTL conduirait à «des effets immédiats sur la qualité de l'air, sur les nuisances sonores, tout en améliorant la sécurité des piétons et des cyclistes», les oppositions, elles, reprochent l'absence de recul et la stigmatisation des automobilistes parisiens au profit des touristes.

«L’impact écologique de cette ZTL sera nul. Les reports de circulation pourraient atteindre jusqu’à 40% sur certains axes, tandis que l’Autorité environnementale précise que les concentrations en dioxyde d’azote (NO2) seraient "dans les mêmes ordres de grandeur, que le projet soit réalisé ou non"», expliquait déjà en substance le groupe Changer Paris il y a quelques mois.

Le boulevard périphérique 

L'autre décision d'importance marquant la fin d'année dernière, qui avait engendré moult réactions vindicatives notamment issues du monde politique, reste la réduction de la vitesse sur le boulevard périphérique.

Concernant celle-ci, la colère ne redescend pas chez les usagers de la route. Et pour cause, les embouteillages ont augmenté de 12%, selon les tous derniers chiffres recensés entre le 13 et le 17 janvier 2025 (par rapport à ceux de 2024) par différents acteurs dont Bruitparif, Airparif ainsi que l'Observatoire Parisien des Mobilités de la Ville de Paris.

Surtout lorsque l'une des principales attentes, à savoir la réduction de la pollution atmosphérique, n'est pas au rendez-vous. En effet, les toutes dernières données communiquées par la Ville démontrent une hausse, tant sur le dioxyde d'azote (58,9 µg/m3) que les particules fines (42,6 µg/m3), par rapport à l'année 2023 (entre 27 et 64 µg/m3 pour le dioxyde d'azote et entre 15 et 39 µg/m3 pour les particules fines).

De son côté la mairie énonce des résultats encourageants liés à la réduction de la vitesse depuis quelques mois, avec une baisse de 10% des accidents sur l'axe. En 2025, la vitesse s'est établie en moyenne à 51 km/h la nuit pour 64 km/h en 2024, et 36 km/h en journée, soit 5 km/h de moins que l'année précédente (41 km/h).

À cela s'ajoute, dans le bilan positif défendu par la mairie, la réduction de la pollution sonore pour les résidents proches de l'axe routier le plus emprunté d'Europe, sur lequel 1,2 million de déplacements quotidiens sont décomptés. Toujours selon les dernières remontées de la Ville, elle aurait été réduite de 2,5 dB(A) durant la nuit sur la période allant du 13 au 17 janvier 2025 par rapport à l'an dernier, atteignant en moyenne 77,9 dB(A).

Pour la région Île-de-France, les chiffres de la mairie de Paris sont très loins d'être satisfaisants. Sa présidente défend toujours la méthode des enrobés phoniques, et a d'ores et déjà fixé l'éventuelle participation de la région Île-de-France à hauteur de 50%. «Sur le bruit, le gain est négligeable : il diminue très faiblement (entre -1,5 et -2,5 dB). La réduction est non-perceptible par de nombreux riverains. L’organisme BruitParif confirme que la mesure est insuffisante pour améliorer la qualité de vie des riverains et que la pose d’enrobées phoniques neuves permettrait, elle, de réduire par 5 le bruit perçu, tout en maintenant la vitesse à 70 km/h», justifiait la Région ce lundi 3 février.

Les 30km/h en ville 

Mise en place en 2021, la limitation de la vitesse à Paris Centre pour les véhicules motorisés engendre pour le coup toujours des critiques de la part des principaux intéressés.

Plusieurs automobilistes regrettent le fait de ne plus pouvoir circuler normalement. «Honnêtement, je n'ai même pas vu de différences avec l'abaissement il y a quelques années. C'est tout le temps saturé. Je ne prends plus la voiture sauf lorsque j'y suis contraint pour des déplacements professionnels», a expliqué à CNEWS Nathan, habitant parisien qui songe de plus en plus à se séparer de sa voiture. 

«Lorsqu'une règle est stupide, elle n'est pas appliquée. Dans Paris, on conduit par rapport aux embouteillages, et non par rapport à la limitation de vitesse. C'est une mesure purement politicienne», a regretté Pierre Chasseray, balayant d'un revers de main les justifications municipales sur la réduction des accidents en ville. «On pourrait même limiter Paris à 200 km/h, on ne constaterait aucune augmentation de la vitesse moyenne», a ajouté le délégué général et porte-parole de 40 millions d'automobilistes.

Dernière nouveauté concernant les voies limitées à 30 km/h dans Paris, la police municipale va s'appuyer sur des jumelles radars afin de sanctionner ceux qui auraient laissé un peu trop longtemps le pied sur la pédale de droite.

L'adjoint d'Anne Hidalgo en charge de la prévention, de la sécurité et de la police municipale Nicolas Nordman avait annoncé début janvier l'arrivée de ces dispositifs. Une opération de sensibilisation et un test de ces jumelles radars s'étaient tenus le 10 janvier dernier, sur l'avenue du Maine, dans le 14e arrondissement. 

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