A l'occasion de la Journée mondiale contre les mutilations sexuelles féminines ce jeudi 6 février, un Plan régional de lutte contre ces pratiques a été signé, en présence de la ministre Aurore Bergé.
Entre 125.000 et 139.000 femmes mutilées vivraient dans l'Hexagone. La ministre en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé s'est rendue ce jeudi au siège de la préfecture de la Région Ile-de-France pour signer un important Plan (2025-2028) dédié à la lutte contre les mutilations féminines.
En effet, selon les différents responsables présents dont le recteur de Paris, le procureur général de la Cour d'Appel de Versailles, l'ARS, ainsi que des représentantes de Laurent Nuñez, ces pratiques concerneraient autour de 130.000 femmes en France.
Précisément, à l'échelle de l'Ile-de-France, 28.500 filles seraient menacées par cette pratique, qui reste, dans certains pays notamment en Afrique subsaharienne, malheureusement courante.
«Il est crucial de comprendre que ces mutilations concernent notre pays, nos enfants. Trop souvent, des adolescentes (nées et élevées en France) sont envoyées à l'étranger sous prétexte de vacances, mais là-bas, loin de nos regards et de notre protection, elles se retrouvent face à l'horreur des instruments de torture», a dénoncé la ministre dans un ton grave.
Plusieurs pays dits «à risque»
Selon les statistiques recensées dans l'étude MSF-PREVAL, plusieurs pays dits «à risque» de mutilations sexuelles pour les femmes concernant l'excision sont répertoriés.
Ainsi, au Mali, en Guinée, en Egypte, au Soudan ainsi qu'à Djibouti, en Ethiopie, en Erythrée et en Somalie, la prévalence de l'excision est supérieure à 50% de la population. Cette dénomination médicale désigne le nombre de cas de femmes excisées à un moment donné, sur un territoire, prenant en compte les anciens et nouveaux cas. À noter que l'excision est aujourd'hui pratiquée dans 31 pays répartis sur 3 continents.
«Plus de la moitié des femmes nées dans un pays dit «à risque» vivant en France réside en Ile-de-France. Tout particulièrement dans les départements de Paris et de Seine-Saint-Denis», a expliqué Marie Lescingand, chercheuse et pilote des études MSF-PREVAL et MSF-MAP.
Prévenir, protéger et accompagner
Ce plan régional, qui s'inscrit dans la continuité d'autres actions menées par l'Etat comprend trois volets.
Le premier concerne la prévention et fait intervenir les instances de l'Education nationale à travers des formations sur les mutilations sexuelles féminines, aussi bien pour les élèves que les professionnels (infirmières, enseignants et personnels éducatifs).
«Un module spécifique dans la formation de tous les personnels pour déceler dès que possible les violences sexuelles féminines sera mené», a assuré Julie Benetti, rectrice de l'académie de Créteil, qui figure parmi les signataires de ce Plan francilien.
Concernant la protection, un recensement complet de l'ensemble des acteurs associatifs dans chaque département fait partie de ce plan et des collaborations entre les services de police, de justice ainsi que les professionnels de santé sont attendues dans les prochaines années pour détecter les femmes ciblées par ces violences.