Le secrétaire national du PS, Olivier Faure, a assuré ce lundi 10 février être ouvert au débat sur le droit du sol souhaité par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, jeudi. Cette prise de position a marqué une vraie scission avec celle de l’ancien président socialiste, François Hollande, qui s’est dit opposé à l’idée ce dimanche.
Un contrepied qui dénote d’une scission politique chez les cadres du Parti socialiste. Ce lundi, Olivier Faure a indiqué être ouvert à un débat sur l’identité nationale et le droit du sol, comme l’appelait de ses vœux le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, jeudi.
«Parfois, il faut prendre le risque. Plutôt que de laisser la place vide, qui est ensuite immédiatement occupée par la droite et l’extrême droite, il faut que la gauche puisse parler fort de ce qu'elle pense être l'identité du pays», a affirmé Olivier Faure dans une interview accordée à RMC.
«On ne peut pas considérer à tout moment qu’en fuyant le débat, on consolide ses positions. Je crois au contraire que parfois, il faut affronter frontalement les positions de la droite et de l’extrême droite (…) On n’est pas obligé de toujours considérer que, comme le débat est piégé, il faut le fuir. Je ne veux pas fuir. Je veux au contraire affronter et me confronter à ce que la droite et l’extrême portent aujourd’hui», a assuré ce dernier.
Interrogé sur une possible restriction du droit du sol, Olivier Faure a marqué son opposition. «Si on parle d’identité de la France, pardon mais cela fait cinq siècles (cf la date précise est 1515) que le droit du sol était déjà la règle, bien avant la Révolution française. On a là un des éléments constitutifs de ce que nous sommes, qui a été consolidé ensuite par la Révolution et la République.
Olivier Faure tranche avec la position de François Hollande
La position d’Olivier Faure sur ce sujet a tranché avec celle de l’ancien président de la République, François Hollande, donnée ce dimanche.
«Est-ce que le pays a besoin de cacophonie et de confusion ou est-ce qu’il a besoin de stabilité et d’action ? C’est ça qu’on attend d’un ministre de l’Intérieur. La stabilité parce qu’on a une volonté de suivre une politique pendant un certain temps et l’action car il y a des mesures à prendre (…) Est-ce qu’on a besoin de lancer de grands débats dont on nous dit qu’ils sont pour 2027 ?», a d’abord questionné l’ex-chef de l’État.
«C’est un débat inutile. Il y a des règles qui existent dans notre pays qui sont des règles républicaines qui ont permis à des générations de s’intégrer dans notre pays, à notre République d’être confortée…», a ajouté l’un des cadres du PS.
«Que demande l’extrême droite ? C’est de revenir au droit du sang, c’est-à-dire être Français car on a des parents français. Le droit du sol, on est Français car on est né en France et qu’on a passé du temps, au moins cinq ans à partir de l’âge de 11 ans, en France et qu’on remplit toutes les conditions pour y accéder», a précisé ce dernier
«Le droit du sol fait partie des principes fondamentaux de la République. J’ajoute que lorsqu’il y a eu une tentative de modifier le droit du sol en 2023, cette dernière a été annulée par le Conseil Constitutionnel», a conclu François Hollande.
Opposé à la motion de censure de LFI concernant le budget 2025, le Parti Socialiste n’a pas souhaité se joindre à cette dernière et a proposé une motion de censure spontanée qui sera examinée le 19 février prochain.