Jugés coupables ce jeudi 27 février d'avoir jeté des engins explosifs contre le consulat général de Russie à Marseille (Bouches-du-Rhône) lundi dernier, deux chercheurs du CNRS ont été condamnés à de la prison ferme.
Ils devraient être rapidement libérés. Deux chercheurs au CNRS ont été condamnés à de la prison ferme jeudi, coupables d'avoir lancé des bouteilles contenant de l'azote liquide contre le consulat général de Russie à Marseille (Bouches-du-Rhône), afin «d'attirer l'attention sur la marche du monde».
L'audience s'est soldée par l'incarcération des deux physiciens, le tribunal judiciaire de Marseille ayant prononcé contre eux deux peines de huit mois avec mandat de dépôt. Ils devraient cependant être rapidement libérés, le tribunal ayant demandé que ces peines soient aménagées sous bracelet électronique.
Vers 7h30 lundi, les deux hommes avaient jeté trois bouteilles dont le contenu, alors inconnu, avait provoqué des détonations, sans pour autant faire de dégâts. Deux étaient tombées sur le toit d'un parking du consulat, la dernière avait atterri dans le jardin du voisin d'à côté.
«Le côté terroriste, il fait pschitt»
Images de vidéosurveillance à l'appui, les deux hommes avaient été rapidement identifiés pour finalement être arrêtés le soir même lors d'un rassemblement de soutien à l'Ukraine, devant l'hôtel de ville. A l'audience, le consul de Russie, Stanislav Oranskiy, l'a redit : pour son pays, «les actes commis sont graves et présentent tous les signes d'un acte terroriste».
Mais, pour le procureur français, «le côté terroriste, il fait un peu comme la bouteille, il fait pschitt». Reprenant les éléments d'explication des deux chercheurs, le magistrat a insisté sur le fait que les bouteilles contenaient uniquement de l'azote liquide, ce qui n'est «pas dangereux». Et il est vrai qu'en France, «la moindre manifestation de paysans est un peu plus musclée que ce que vous avez fait», a reconnu le ministère public.
Malgré tout, toucher à une enceinte diplomatique, c'est «tabou, ça ne se fait pas», a estimé le procureur, qui avait requis un an ferme à effectuer sous bracelet électronique. «Les ambassades et les consulats sont des territoires sacrés qu'on ne doit pas toucher», les a aussi sermonnés le président du tribunal, Thierry Bonifay.
Les deux prévenus, aux profils plutôt inhabituels dans ces audiences de comparutions immédiates, étaient jugés libres, assis à côté des parties civiles, le consul de Russie et un représentant de leur employeur.