Emmanuel Macron s'est rendu au Portugal pour rencontrer les dirigeants lusophones. Il s'est exprimé sur différents sujets lors d'une conférence de presse. Algérie, Europe, taxes imposées par Donald Trump... Voici ce qu'il faut retenir des annonces du président de la République.
La France veut imposer son leadership. Entre les taxes imposées par Donald Trump à l'Union Européenne, les réactions attendues de l’Europe et les tensions avec l’Algérie au sujet de l’immigration, Emmanuel Macron était attendu au tournant.
En visite au Portugal depuis jeudi pour rencontrer les dirigeants du pays, Emmanuel Macron s’est entretenu au cours de ces deux jours avec plusieurs figures politiques. Il a évoqué plusieurs enjeux majeurs lors d’une conférence de presse à Porto.
«Nous n'avancerons pas s'il n'y a pas un travail», avec l’Algérie, a averti Emmanuel Macron
Après l’ultimatum fixé par Paris pour forcer Alger à réadmettre une «liste d’urgence» de personnes expulsées sous peine d’une «remise en cause» des accords migratoires bilatéraux, le ministère algérien des Affaires étrangères avait réagi jeudi, en affirmant que «l’Algérie n’a pris l’initiative d’aucune rupture et a laissé la partie française en assumer seule la responsabilité pleine et entière».
En réponse, le président français a appelé ce vendredi l'Algérie à «réengager un travail» avec la France sur les accords d'immigration liant les deux pays et mis en garde contre tous «jeux politiques» dans ce débat qui enflamme la relation bilatérale.
«On ne peut pas se parler par voie de presse, c'est ridicule, ça ne marche jamais comme cela», a-t-il affirmé.
Sur la situation de Boualem Sansal, toujours emprisonné en Algérie, il a affirmé que sa «détention arbitraire» ainsi que «son état de santé» le «préoccupent beaucoup».
Taxer à 25% les produits européens est «mauvais pour tout le monde»
Donald Trump a annoncé l’introduction prochaine d’une «taxe à 25%» sur les produits de l’Union Européenne. Une décision largement contestée par le président de la République : «Les tarifs, c'est mauvais pour tout le monde. C'est inflationniste pour tout le monde. Ce n'est pas la bonne manière pour corriger un déséquilibre commercial. Un déséquilibre qui est beaucoup plus réduit que tel qu'il est présenté par l'administration américaine», a-t-il martelé.
Selon lui, «taxer les produits européens au moment où les Européens repartent pour s'investir sur des efforts de défense, est une erreur de tempo».
Dans la lignée de son discours, il a rappelé que «l'économie américaine et l'économie européenne, ce sont 1.500 milliards d'euros d'échanges chaque année.»
Vers une contre-attaque de l’Europe ?
Après avoir étalé ses arguments, Emmanuel Macron a rappelé à la Maison Blanche que l’Europe est en mesure de répondre, et le fera si la situation l’exige : «Nous n'avons pas en quelque sorte à être faibles face à ces mesures», a lancé Emmanuel Macron en clôture de sa visite d’Etat.
«Si les tarifs sur l'aluminium et l'acier sont confirmés, les Européens répondront. Il y aura des tarifs réciproques car il faut qu'on se protège, qu'on se défende».
«On est à un moment où l'Europe découvre, et je m'en félicite, qu'elle n'est plus simplement un marché, qu'elle doit être une puissance. Et donc qu'elle doit produire son savoir, sa technologie, ses solutions économiques, climatiques, de défense et de sécurité», a-t-il insisté.