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Réforme de l’assurance chômage : pourquoi cette mesure va coûter 100 euros à 900.000 demandeurs d’emploi

Cette mesure sera pleinement effective dès le mois de juillet. [Ludovic MARIN / AFP ]

Dès le mois d’avril, 900.000 demandeurs d’emploi vont être touchés par la réforme de l’assurance chômage. Et pour les personnes concernées, cette réforme a un prix : 100 euros. 

Une mensualisation modifiée. Les allocations chômage seront versées sur une base mensuelle fixe à partir d’avril prochain. Un changement qui va concerner près de 900.000 demandeurs d’emploi. 

La nouvelle convention de l’assurance chômage, négociée en novembre dernier avec les partenaires sociaux, apporte de nombreux changements dont la plupart seront appliqués dès le mois d’avril 2025. 

Parmi ces changements, la mensualisation des allocations. Cette nouvelle mesure va notamment modifier le mode de versement des indemnités. Ainsi, le nombre d’allocations versées chaque mois sera désormais fixé à 30 jours, peu importe le nombre de jours dans le mois. 

Une mesure économique 

Grâce à cette nouvelle mensualisation, l’Unédic, l’association chargée par délégation de service public de la gestion de l'assurance chômage en coopération avec France Travail, va réaliser quelques économies. 

En effet, puisqu’une personne indemnisée toute l’année ne percevra désormais que 360 jours d’allocations au lieu de 365, les demandeurs d’emploi vont perdre au moins cinq jours d’allocations chômage par an. 

Ainsi, cette perte pour les demandeurs d’emploi représente une économie de 1,34 milliard d’euros entre 2027 et 2028, selon la dernière étude d’impact de la nouvelle convention de l’assurance chômage publiée en février dernier. 

Cela représente donc plus d’un tiers (34%) des 3,93 milliards d’euros d’économies liées à la baisse des indemnisations attendues sur la même période. 

Les demandeurs d’emploi de courte durée particulièrement concernés 

Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’un demandeur d’emploi ne touchera pas l’intégralité de ses droits. La période d’indemnisation est seulement artificiellement rallongée. 

Les allocataires de longue durée, sans emploi depuis plus d’un an, ne devraient donc vraiment voir de différence majeure à partir du 1er avril. 

Au contraire, les allocataires de courte durée, qui alternent notamment entre une période de travail et une période de chômage, seront particulièrement concernés. 

En effet, ces derniers risquent de reprendre une période de travail avant d’avoir reçu l’intégralité de leurs droits et ne récupéreront donc pas les droits perdus sur les mois de 31 jours. 

Et pour cause : ils risquent de reprendre le travail avant d’avoir épuisé l’intégralité de leurs droits, et donc sans avoir pu récupérer les jours d’allocations «perdus» sur les mois de 31 jours. 

Une mesure pleinement appliquée en juillet 2025 

Selon l’Unédic, près de «900.000 allocataires seront impactés par la mensualisation». Ce chiffre représente 43 % des demandeurs d’emploi. Ainsi, à partir de mai, si un allocataire touche une allocation journalière brute moyenne, égale à 42,5 euros, il perdra autant. 

Si cette réforme entre en vigueur dès le 1er avril 2025, son application sera quant à elle progressive : «Pour tenir compte des délais d’implémentation dans le système d’information de France Travail, la mesure sera pleinement appliquée à partir de juillet 2025», a notamment indiqué l’Unédic. 

D’ici là, entre avril et juin, le gestionnaire va mettre en place une règle simplifiée. Les demandeurs d’emploi indemnisés pendant un mois entier seront les seuls concernés par le plafonnement à 30 allocations journalières.

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