L'un des potentiels principaux membres du commando qui a permis l'évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra, Fernando D., a été placé en détention provisoire ce lundi, ont indiqué ses avocats. L'homme avait été transféré d'Espagne et mis en examen à Paris jeudi.
L'enquête continue. Alors que 27 personnes sont poursuivies dans l'affaire de l'évasion du narcotrafiquant Mohamed Amra, l'un des principaux suspects, Fernando D., soupçonné d'être l'un des membres du commando qui a réalisé l'extraction du détenu, tuant deux agents pénitentiaires et blessant trois autres, a été placé en détention provisoire ce lundi.
Surnommé «Abe », le suspect avait demandé un débat différé devant le juge des libertés et de la détention (JLD). Ce lundi, le suspect, aux longues dreadlocks attachées en une queue basse et à la barbe brune, est arrivé escorté d'agents du GIGN devant la juge avant de débuter son entretien à huis clos.
Interpellé en Espagne
Fernando D., 32 ans, avait été interpellé fin février dans une luxueuse villa dotée d'un important dispositif de sécurité à Mijas, dans la province de Malaga (sud de l'Espagne). Selon la police espagnole, lors de la perquisition, les enquêteurs avaient notamment retrouvé deux armes à feu chargées, des plaques d'immatriculation françaises, et un véhicule de luxe volé en France.
Remis à la France, il est soupçonné d'avoir fait partie du commando qui a attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d'assaut, un fourgon pénitentiaire où était détenu le narcotrafiquant Mohamed Amra lors d'une extraction au péage d'Incarville (Eure), tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres. Le suspect a été placé à l'isolement.
Les enquêteurs n'ont, à ce stade, «aucun ADN, aucune empreinte papillaire, aucun bornage téléphonique qui lui appartiendrait, aucune reconnaissance par un quelconque témoin qui permettrait de démontrer qu'il était présent», a affirmé l'un de ses avocats, Me Saïd Harir, qui assure comprendre que les enquêteurs se basent sur le «visionnage d'une vidéosurveillance», où ils auraient détecté une «démarche» et une «corpulence».
Première incarcération
«C’est compliqué pour lui. Il ne faut surtout pas oublier qu'il s'agit de sa première incarcération», a souligné Me Harir, assurant que son client n'avait «pas pour habitude d'évoluer dans le milieu du banditisme» et comptait à son casier, «huit mentions, très anciennes, et essentiellement des délits routiers».
«L’institution judiciaire ne doit pas oublier qu'elle a avant tout affaire à un homme», a abondé Me Steeve Ruben, son avocat également. Dans ce dossier d'ampleur, où 27 autres suspects sont poursuivis, «il faudra veiller à ce que les principes de l'institution ne s'effondrent pas», a-t-il prévenu.