Ce sont dix années de prison qui ont été requises à l'encontre de Boualem Sansal en Algérie. En cause, des propos datant d’octobre 2024 où l'écrivain a estimé qu’une partie du territoire marocain était devenue algérienne sous la colonisation française. Une prise de position qui n’a pas plu à son pays d’origine. Alors en France, un appel à une manifestation a été lancé.
Il est incarcéré en Algérie depuis le 16 novembre 2024, mais Boualem Sansal peut toujours compter sur ses soutiens en France.
Le comité de soutien français à l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie, appelle à manifester ce mardi à Paris pour demander sa libération, estimant que les 10 ans de prison requis contre lui équivalent à une «condamnation à mort».
Des signataires notoires
«Il appartient à toutes et à tous, citoyens engagés, militants des droits humains, amoureux de la liberté et acteurs culturels, de contrarier ce funeste dessein», écrit le comité de soutien dans un appel publié par le journal La Tribune Dimanche.
Parmi les signataires figurent la présidente du comité, l'ancienne membre du Conseil constitutionnel Noëlle Lenoir, l'ancien ministre Jean-Michel Blanquer ou encore les écrivains Georges-Marc Benamou et Alexandre Jardin. Jeudi 20 mars, le parquet algérien a requis 10 ans de prison ferme à l'encontre de l’écrivain, âgé de 80 ans et atteint d’un cancer.
Accusé d'atteinte à l'intégrité territoriale de l'Algérie
Accusé d'atteinte à l'intégrité territoriale de l'Algérie, son cas a aggravé les tensions entre Paris et Alger. Car l'accusation lui reproche des déclarations en octobre au média français Frontières, reprenant la position du Maroc selon laquelle son territoire aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l'Algérie.
Le tribunal correctionnel de Dar El Beida, près d'Alger, rendra le 27 mars prochain son jugement dans le procès de ce romancier connu pour ses critiques du pouvoir algérien et des islamistes, emprisonné depuis le 16 novembre à Alger, selon les médias Echorouk et TSA. «Il est devenu, bien malgré lui, l'otage de cette relation devenue tourmentée entre Paris et Alger», écrit son comité de soutien.