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Mort dans une salle de sport à Paris : la cryothérapie est-elle dangereuse pour la santé ?

Cette méthode de récupération musculaire, bien souvent utilisée dans le sport de haut consiste à placer le corps du patient ou sportif quelques minutes dans une salle ou cabine où la température descend à près de -110° C. [©rh2010/Adobe]

Le dysfonctionnement d'un appareil de cryothérapie est à l'origine de la mort d'une personne, lundi soir, dans une salle de sport après une fuite de gaz à Paris (11e). Très prisée des sportifs, cette méthode de récupération est-elle réellement dangereuse ? 

Pourquoi ce procédé est-il surveillé de près ? Ce lundi 14 avril, aux alentours de 18h20, une personne est morte dans une salle de sport après une fuite de gaz d'une machine de cryothérapie, sur le site «On air», situé 172 boulevard Voltaire à Paris (11e). 

Rapidement intervenus sur place, les pompiers n'ont pu réanimer l'employée de la salle de sport, dont le décès a été constaté, mais ont transporté une seconde victime, dont le pronostic vital était engagé vers l'hôpital, indiquait une source policière à CNEWS. 

Si l'autopsie du corps de la défunte n'a pas encore été réalisée, une fuite d'azote de la cabine de cryothérapie présente dans le complexe sportif serait à l'origine de l'intoxication, a de son côté indiqué le parquet de Paris à l'AFP. 

Cette méthode de récupération musculaire, bien souvent utilisée dans le sport de haut niveau notamment le cyclisme, le rugby ou encore le football consiste à placer le corps du patient ou sportif quelques minutes dans une salle ou cabine où la température descend à près de -110 °C. Elle s'est plus largement répandue dans les salles de sport de haut standing en France. Cette méthode est également connue sous la forme de bains froids, au sein lesquels les individus s'immergent dans une eau comprise entre 7 et 12 °C.

Maux de tête, brûlures et engelures 

Si les principaux effets recherchés sont une réduction des douleurs, et peuvent aller jusqu'à l'apaisement de rhumatismes, l'Inserm alertait déjà, en 2019, autour de cette pratique et sur le peu de recul quant à l'efficacité des effets médicaux produits par cette méthode.  

«De telles études (sur les effets de la cryothérapie, ndlr) existent, réalisées dans diverses indications (sportives ou médicales, notamment dans les douleurs lombaires, la fibromyalgie, les maladies inflammatoires rhumatismales). Globalement, les résultats sont décevants. D’une part, quand ils sont en faveur d’un effet positif de la cryothérapie, ces résultats sont modestes et mesurés uniquement à très court terme. D’autre part, la qualité méthodologique des études laisse beaucoup à désirer, ce qui doit amener à relativiser d’autant plus les effets positifs rapportés», pointe le rapport. 

Dans ce document, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale évoque l'apparition, chez certains utilisateurs de maux physiques tels que des brûlures, des engelures, ou encore l'apparition de maux de tête après avoir pris part à une séance de cryothérapie.  

«La cryothérapie corps entier pose par ailleurs d’authentiques problèmes de sécurité. Des effets secondaires bien réels ont été matérialisés par les études de cas publiées, des témoignages de professionnels et des affaires en justice : brulures locales au 1er ou 2ème degré, céphalées ou accentuations des douleurs présentes, urticaire chronique au froid, panniculite à froid, intolérances digestives et plusieurs cas d’ictus amnésique. Un cas de dissection de l’aorte abdominale a enfin été décrit», ajoutent les auteurs de l'étude.  

Si les effets sur le corps paraissent donc partagés, et méritent un approfondissement des suivis médicaux, le procédé semble plus largement risqué, et nécessite une vérification accrue des appareils. Dans le cas du drame survenu dans le 11e arrondissement hier, une réparation de la cabine de cryothérapie aurait eu lieu lundi dans la matinée, selon une source proche du dossier à l'AFP. 

«Une enquête en recherche des causes de la mort est ouverte et confiée au commissariat de police du 11e arrondissement de Paris, en co-saisine avec l'inspection du travail», a de son côté indiqué le parquet de Paris. 

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