Le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA), principale organisation patronale algérienne, a annulé une rencontre prévue ces prochaines semaines en France avec ses homologues du Medef sur fond de vives tensions entre Paris et Alger, a-t-on appris ce mercredi.
Dans un communiqué, le CREA a annoncé qu'il "annule sa visite en France et sa rencontre prévue avec le Mouvement des entreprises de France (Medef)" sans en préciser la date.
Cette décision fait suite à "une mesure prise par les autorités françaises, déconseillant fortement à un dirigeant d’une entreprise française de transport maritime de se rendre en Algérie pour concrétiser un projet d’investissement", précise le communiqué.
"Cette annulation, provoquée et justifiée par les autorités françaises au motif de la +crise entre les deux pays+, contredit les déclarations officielles appelant à l'apaisement et à la normalisation des relations algéro-françaises", ajoute-t-il.
Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau "est totalement indépendant" de l'affaire judiciaire à l'origine de la nouvelle crise entre l'Algérie et la France, et "il n'y a donc pas d'affaire Retailleau", a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas.
Alger a accusé le ministre de porter "l'entière" responsabilité de la brusque rechute dans les relations bilatérales. Sophie Primas a affirmé devant la presse après le Conseil des ministres qu'il s'agissait plutôt d'une "escalade" qui "est bien regrettable car nous étions partis sur une relation un peu plus apaisée, un peu plus constructive".
«Le passé c’est le passé, et la France n’a pas à s’en excuser : l’important c’est l’avenir», observe Gérald Darmanin, ministre de la Justice, évoquant son grand-père algérien engagé dans l'armée française, dans #LaGrandeInterviewpic.twitter.com/0aYhlaAD4x
— CNEWS (@CNEWS) April 16, 2025
«Ce bras de fer va durer longtemps», annonce Gérald Darmanin, ministre de la Justice, à propos des tensions diplomatiques entre l'Algérie et la France, dans #LaGrandeInterviewpic.twitter.com/eQufZU8CTB
— CNEWS (@CNEWS) April 16, 2025
La France a démontré sa capacité "à répliquer sans hésiter et avec fermeté" face à l'Algérie mais elle devra "à terme" reprendre le dialogue avec Alger "dans l'intérêt des Français", a estimé mercredi le chef de la diplomatie française.
"Je dis simplement que si nous voulons des résultats pour les Françaises et les Français, il nous faudra un jour ou l'autre revenir à un dialogue franc, lucide et exigeant" avec les autorités algériennes, a déclaré Jean-Noël Barrot, au lendemain de l'annonce par l'Elysée de l'expulsion de 12 agents consulaires algériens, en représailles à des mesures similaires prises par l'Algérie.