Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont signé ce vendredi, à Nancy, un traité d'amitié et de coopération renforcée, insistant notamment sur l’importance de la mise en place d’un processus de paix en Ukraine.
Un acte fort entre deux pays alliés. Ce jeudi, à Nancy, dans l'est de la France, Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont ratifié un traité d’amitié et de coopération renforcée.
Cet accord a été signé dans un décor chargé d’histoire. En effet, Nancy fut la résidence du roi de Pologne Stanislas Leszczynski, devenu duc de Lorraine et beau-père du roi de France Louis XV après avoir été contraint à l'exil par les armées russe et autrichienne.
La dissuasion nucléaire française évoquée
Celui-ci vise, entre autres, à renforcer les liens de défense entre les deux pays face à une Russie jugée de plus en plus menaçante après déjà trois ans de guerre en Ukraine.
Dans un contexte tendu, le traité a inclus une clause de défense mutuelle, qui «ouvre la possibilité d'une coopération» en matière de dissuasion nucléaire. «La dissuasion nucléaire française a une composante européenne, et dans ce traité, c'est une solidarité encore plus forte que nous scellons, qui permet de rendre opérationnel ce qu'il y a déjà dans l'article 5 de l'OTAN», a déclaré Emmanuel Macron sur la place Stanislas.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont signé vendredi, à Nancy, un traité d'amitié et de coopération renforcée, témoignant du poids croissant de la Pologne en Europe face à la Russie. pic.twitter.com/xO2iPhe2HW
— CNEWS (@CNEWS) May 9, 2025
D’autres secteurs renforcés
Outre la défense, la coopération sera renforcée dans les secteurs des infrastructures et l'énergie.
La France mise aussi sur un nouveau marché pour son industrie de défense au moment où Varsovie cherche à se doter d'avions de transport, d'avions ravitailleurs ou encore de sous-marins.
Emmanuel Macron entend ainsi rehausser la relation avec Varsovie au niveau de celle déjà actée avec l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne à travers les traités de l'Élysée (1963), du Quirinal (2021) et de Barcelone (2023).
Toujours déterminé à œuvrer dans la mise en place d’un processus de paix durable en Ukraine, Paris espère renforcer la coordination militaire et diplomatique dans la région, et ne plus laisser les Etats-Unis dominer le dialogue avec les Polonais.
Lors de sa prise de parole, Emmanuel Macron a chargé le président russe. «Vladimir Poutine est du côté de la guerre et non de la paix. Les propos belliqueux qu’il a réitéré nous le rappelle», a affirmé le chef de l’Etat, réaffirmant son intention de «bâtir une paix solide et durable en Ukraine».
Emmanuel Macron : «Vladimir Poutine est du côté de la guerre» pic.twitter.com/wrqN4xkdli
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