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Fin de vie : pourquoi la question de «l'aide à mourir» divise-t-elle les députés ?

Jusqu'au 27 mai, l'Assemblée nationale examinera deux textes. L’un portant sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir. [REUTERS/Manon Cruz]

L’examen des textes sur le renforcement des soins palliatifs et sur «l’aide à mourir» divise l’Assemblée nationale, y compris au sein même des groupes parlementaires. Deux députés, chefs de file de ce sujet amené à prendre une place centrale dans les débats politiques ces prochaines semaines, sont revenus pour CNEWS sur leur position. 

Ce lundi à l’Assemblée nationale, les députés ont entamé l'examen de deux textes. L’un portant sur le renforcement des soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir. Un sujet attendu, promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, qui suscite à la fois l’espoir chez certains parlementaires, comme le doute pour d’autres. 

Depuis la tribune du Palais Bourbon, le député Olivier Falorni, pierre angulaire de la question de «l’aide à mourir» depuis plusieurs années, a défendu un texte «solide et équilibré». Mais aussi, une «loi de liberté et de fraternité», permettant, selon lui, «d’accompagner chacune et chacun jusqu’au bout du chemin, conformément à ses choix et sa volonté». 

De son côté, Catherine Vautrin, la ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, a réaffirmé que jamais «l’aide à mourir ne pourra être proposée, suggérée ou encouragée». Une façon de taire certains arguments.

Un sujet sensible 

Pendant deux semaines, les parlementaires vont ainsi débattre sur ces deux propositions, l’une prévoyant le renforcement de l'accès aux soins palliatifs, et l’autre à légaliser l'aide à mourir pour les adultes de plus de 18 ans, atteints d'une maladie incurable, en phase avancée ou terminale. 

L'encadrement de cet accompagnement devrait être d'ailleurs central dans les débats. 

«C’est un sujet qui mérite d’être travaillé, on ne peut pas l’aborder comme si nous étions au café du commerce», a considéré Yannick Monnet, député communiste de l’Allier, chef de file pour son groupe parlementaire, lors d’un entretien accordé à CNEWS. «Il faut être prudent. La fin de vie est quelque chose de très intime. Cela touche notre rapport à la mort et nos représentations de celle-ci», a-t-il insisté. 

Un sujet dit «sensible» auquel adhère le député, défendant quelques conditions. «J’y suis favorable, en considérant que cela doit être un droit d’exception et qu’il soit utilisé quand les soins ne sont plus opérants», a-t-il expliqué, rejetant le terme de «liberté individuelle» au profit de «droit exceptionnel, pouvant être utilisé dans des cas très particuliers, avec le consentement de la personne».

Le cas délicat des soins palliatifs

Au contraire de Yannick Monnet, mais aussi d’une partie des élus écologistes, insoumis, socialistes et une partie du bloc central, des parlementaires de droite se montrent plus réservés, voire complètement opposés. 

C’est le cas notamment de Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère. «L’objectif des personnes qui portent ces textes, c’est de faire passer l’euthanasie ou le suicide assisté comme une solution ou une alternative», a-t-elle exprimé dans un entretien accordé à CNEWS. 

Insistant sur la nécessité à ce qu’il n’y ait «aucun enjeu politicien» dans ces débats, indiquant que «chacun avait son histoire personnel», la chef de file pour le groupe présidé par Éric Ciotti sur ces sujets a appelé à «ne pas poursuivre la voie portée par ces textes». 

Elle a davantage mis en lumière la «remise au niveau d’un système de soins palliatifs à la hauteur», rappelant que 20 départements étaient aujourd’hui «dépourvus d’unités de soins palliatifs». «Comment allez-vous faire dans ces territoires où il n’y a même pas d’unité de soins palliatifs», s’est-elle interrogée. 

La problématique des soins palliatifs est également soulignée par Yannick Monnet, sous une autre forme. «La question du renforcement de ces soins risque d’être soulevée à chaque projet de financement de la sécurité sociale si ce texte est adopté», a remarqué le communiste.

La question des moyens 

Au-delà de l’accord, ou non, sur «l’aide à mourir», terme pointé du doigt par Hanane Mansouri, les débats qui ont débuté à l’Assemblée nationale révèlent le «manque de moyens du système de santé».

«Nous comprenons la souffrance des familles, notre objectif n’est pas de remettre en question la demande de délivrance des patients, a indiqué la députée UDR. Ce qui manque, ce sont des moyens pour nos soignants, pour que chaque Français puisse avoir accès à des soins qui permettent d’abréger des souffrances», a-t-elle ajouté, dénonçant les cadres d’une législation «floue» et la nécessité «d’alerter les Français». 

Les députés, partagés à l’image de la société, seront invités à voter sur les deux textes le mardi 27 mai prochain. Si certains groupes sont quasiment unanimes sur leur position quant à ces sujets, d’autres, à l’image du Rassemblement national, ont décidé de laisser une totale liberté de vote à leurs parlementaires. 

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