A l'occasion de l'audition des opérateurs des transports en commun ce mardi, les différents dirigeants ont défendu leurs bilans annuels de 2024 et ont été encouragés par Valérie Pécresse, présidente d'Ile-de-France Mobilités, à accroître les performances sur le réseau.
Un conseil de classe où les élèves sont tous ressortis avec des bons points. Réunis au siège du Conseil régional ce mardi, les patrons des opérateurs de transports en commun dont Jean Castex, PDG de la RATP, le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou ou encore Christophe Fanichet et Matthieu Chabanel, à la tête de SNCF Voyageurs et SNCF Réseau ont défendu leurs bilans sur l'année 2024.
D'abord félicités par la présidente de la Région et de l'autorité organisatrice des transports concernant «des efforts qui se sont matérialisés par une régularité accentuée sur un beau panel de lignes» - 8 dans le métro et 7 lignes de trains (RER + Transilien) ont dépassé l'objectif - Valérie Pécresse a toutefois interpellé les opérateurs, les invitant à poursuivre le travail sur 2025.
Au total, dans le métro, les performances en heure de pointe ont atteint 96% soit +3 points par rapport à l'année précédente. Autre vecteur de contentement pour les responsables du transport en Ile-de-France, 87% des voyageurs du métro se sont dit «satisfaits de la qualité de service», a glissé la présidente, précisant que 157.000 personnes ont répondu à l'enquête de la RATP.
Lignes en difficulté et malaises voyageurs
Une fois les louanges transmises, notamment sur les performances affichées à l'été dernier alors que la capitale accueillait le monde lors des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, Valérie Pécresse a alerté sur la situation de différentes lignes.
«J'appelle la RATP à être vigilante concernant la ponctualité sur la 9», a-t-elle lancé, avant que Jean Castex ne promette une reprise progressive des performances passées.
«Nous avons trois lignes, les 6, 8 et 13 en grande difficulté et j'attends beaucoup de l'automatisation du pilotage et de l'arrivée des trains neufs», a ajouté Valérie Pécresse alors que les métros MF19 devraient rejoindre la ligne 13 à l'horizon 2027, tandis que sur la ligne 8, les «trains rénovés sont arrivés» et les «trains neufs arriveront en 2030», a-t-elle martelé. «Je rappelle que le métro est concerné par un plan d'investissements de plus de 10 milliards d'euros», a ajouté la présidente d'IDFM à destination du patron de la RATP.
En réponse concernant la ponctualité dans le réseau souterrain parisien, Jean Castex a évoqué des perspectives d'amélioration concernant les problématiques liées aux malaises voyageurs. En effet, depuis quelques mois, les métros ne s'arrêtent plus et les individus touchés par des malaises sont pris en charge directement depuis le quai par des équipes dédiées, afin de réduire l'impact sur l'ensemble du tracé.
Propreté des trains
Enfin, concernant les réseaux du RER et Transilien, Jean-Pierre Farandou s'est dit satisfait de l'année écoulée, alors que les voyageurs ont été 79% à se dire satisfaits (+0,6 point par rapport à 2023) mettant en avant la «qualité du contact avec les agents en gare et la propreté» et regrettant à l'inverse la «propreté à bord des trains, le niveau d'information des voyageurs dans les trains en situation perturbée et les délais de remise en service des ascenseurs et escaliers mécaniques». Sur ce dernier point, Valérie Pécresse s'est dit en attente de résultats rapides de la part des équipes de la SNCF.
Côté ponctualité, les lignes B, C et D restent fragiles, malgré des améliorations sur la première citée (89% de ponctualité sur le début 2025), tandis que le RER A, puis les lignes H, J, K, L, P, N et U ont rempli les objectifs fixés par le contrat. Au total, la ponctualité globale est de 91% (+1 point) par rapport à 2023.
A noter que la situation du RER E, dont le prolongement du tracé est toujours en cours (vers Mantes-La-Jolie), a été passée au crible. «Nous avons eu une année 2024 très compliquée. Les résultats remontent mais nous ne sommes qu'à 88% de ponctualité début 2025, là où nous atteignons les 94% en 2023. Il y a une grande attente de la part des usagers sur cette ligne, qui se traduit même par une exaspération», a reconnu Valérie Pécresse, qui a cependant invité la SNCF à maintenir la régularité, fragilisée l'an dernier par la mise en service de la ligne prolongée et du déverminage (première phase de mise en service, ndlr) des trains NG sur la ligne.