Le gouvernement va permettre aux éleveurs bovins d’opérer des tirs de défense contre les loups pour protéger leur troupeau, même lorsque celui-ci n’aura pas déjà été attaqué. Un nouvel assouplissement avant le déclassement prochain de l’espèce.
Les conditions de tir de défense contre les loups s’assouplissent. Si auparavant, un troupeau devait avoir été attaqué au moins une fois dans les 12 derniers mois avant que les éleveurs de bovins ne puissent tirer sur un loup, ce ne sera bientôt plus le cas.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé la mise en consultation d’un arrêté jusqu’au 10 juin, qu’elle signera avec son homologue de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
Un texte qui «permettra de pouvoir opérer des tirs dans les espaces où les troupeaux sont menacés, même lorsqu’il n’y aura pas eu d’attaque», a-t-elle déclaré auprès des sénateurs lors des questions au gouvernement.
759 attaques de loup en cinq mois
Selon la ministre, ce sont déjà 759 attaques et 2.617 bêtes prédatées au 12 mai 2025. Un constat qu’elle qualifie de «considérable», auquel cet arrêté pourrait en partie remédier.
Il viendra en application de la loi d’orientation agricole adoptée en début d’année qui prévoit que «compte tenu de l’absence de moyens de prévention efficaces disponibles, des tirs contre les loups peuvent être autorisés pour la protection des troupes de bovins, d’équins et d’asins (ânes)».
Pour pouvoir se protéger en toute légalité, les éleveurs devront toutefois engager des démarches en matière de réduction de la vulnérabilité de leurs troupeaux. L’arrêté ne s’appliquera pas aux éleveurs ovins et caprins.
Annie Genevard a affirmé que «l’espèce est désormais dans un bon état de conservation» et que par conséquent, nous pouvions oeuvrer à «réduire sa vulnérabilité».
Bien que le Conseil de l’UE doit entériner début juin le déclassement du loup d’espèce «strictement protégée» à «protégée», l’ONG France Nature Environnement a tout de même exprimé un avis défavorable à l’arrêté.
Pour appuyer son opposition, elle affirme que cinq des mesures comprises dans ce dernier «ne sont aucunement de nature à réduire la vulnérabilité des troupeaux et ouvrent la possibilité d’autorisation de destruction des loups».