Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a annoncé ce jeudi la dissolution en Conseil des ministres de l'organisation d'extrême gauche «La Jeune Garde» et du groupe d'ultradroite «Lyon Populaire».
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau s’est félicité de la dissolution de l’organisation d’extrême gauche «La Jeune Garde» et du groupe d’ultradroite «Lyon Populaire».
Une mesure décidée ce jeudi en Conseil des ministres. Dans un message posté sur X, le locataire de Beauvau a promis de «ne rien laisser passer».
Je me félicite que les organisations La Jeune Garde et Lyon Populaire aient été dissoutes ce matin en conseil des Ministres.
Ne rien laisser passer.— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) June 12, 2025
A contrario, le décret visant à dissoudre le groupe Urgence Palestine, qui avait été annoncé en même temps que ceux de la Jeune Garde et de Lyon Populaire, n’a pas été présenté.
La gauche scandalisée
L’annonce de la dissolution de la Jeune Garde, représentée à l’Assemblée nationale par le député fiché S Raphaël Arnault, a été vivement dénoncée par certains parlementaires insoumis. «Honte à vous qui vous en prenez à des organisations qui luttent contre le fascisme. Vous avez choisi d’être du mauvais côté de l’Histoire», a réagi le député LFI Antoine Léaument.
Honte à vous qui vous vous en prenez à des organisations qui luttent contre le fascisme.
Vous avez choisi d’être du mauvais côté de l’Histoire.
Pleine solidarité avec les camarades visés par cette mesure arbitraire ! https://t.co/EP2JQImPCq— Antoine Léaument 🇫🇷 (@ALeaument) June 12, 2025
«Cette décision est une honte pour notre République» a considéré l’élue Clémentine Autain, qui siège du côté du groupe écologiste au Palais-Bourbon.
Le non sens des libertés publiques, du combat anti-fasciste, de l'histoire !
Cette décision est une honte pour notre République. https://t.co/8Qls6JBQch— Clémentine Autain (@Clem_Autain) June 12, 2025
A contrario, cette annonce a été applaudie par certains députés. «Merci et bravo Bruno Retailleau», a simplement écrit Mathieu Lefèvre, membre du groupe Ensemble pour la République, présidé par Gabriel Attal, sur X.
Merci et bravo @BrunoRetailleau ! https://t.co/mYzufimCif
— Mathieu Lefèvre (@MathieuMlefevre) June 12, 2025
Des soupçons de «violences en réunion»
Au-delà d’échanges virulents à l’Assemblée nationale avec Bruno Retailleau et d’autres membres du gouvernement, par le biais de Raphaël Arnault, d’autres membres de la Jeune Garde sont, eux, surveillés par la justice.
En effet, le 27 juin 2024, huit personnes issues du groupuscule avaient été mises en examen pour «violences en réunion en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion». Les militants de l'organisation «antifasciste» sont soupçonnés d’avoir agressé un adolescent de 15 ans dans le métro parisien sur fond de propos antisémites.
La Jeune Garde saisit le Conseil d'Etat
«Ne comptant pas se laisser faire», la Jeune Garde, a, dans les minutes qui ont suivi la décision gouvernementale, indiqué qu'elle comptait porter un recours devant le Conseil d'Etat.
Alors que nous venons de vivre, en seulement quelques semaines, une série d’agressions, d’attaques et même d’attentats de l’ext-droite, le gouvernement Bayrou prononce la dissolution de la Jeune Garde sous demande directe du RN.
Nous nous battrons devant le conseil d’État ↙️↙️↙️ https://t.co/M3gWWgI081— Raphaël Arnault (@ArnaultRaphael) June 12, 2025
«Cette décision n'est pas anodine et intervient dans un contexte de fascisation de la société», estime encore le groupuscule d'extrême gauche.