En déclarant «qu’Israël est une menace pour le monde», la députée Clémentine Autain s’est attirée les foudres de l’ambassadeur de l’Etat hébreux en France. Ce dernier a dénoncé les propos tenus par l’élue, estimant que «c'est l'Iran qui est un acteur déstabilisateur».
Une prise de position qui déplaît. L'ambassadeur d'Israël en France a déploré ce mardi les propos tenus la veille par la députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, selon lesquels «Israël est une menace pour le monde».
«C'est pervers de présenter les choses comme cela», a ainsi déclaré Joshua Zarka à des journalistes. «Israël fait le sale boulot des Occidentaux, des Américains», a-t-il ajouté en référence à l'attaque lancée le 13 juin avec l'objectif déclaré d'empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique.
«C'est l'Iran qui est un acteur déstabilisateur du Proche-Orient», a martelé le diplomate. Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ainsi qu'Israël accusent depuis longtemps la République islamique d'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce qu'elle a toujours nié.
Téhéran dit défendre son droit à enrichir de l'uranium afin de développer un programme nucléaire civil.
Une «Troisième Guerre mondiale larvée»
«Oui, je condamne les frappes israéliennes sur l'Iran», avait déclaré ce lundi Clémentine Autain sur Sud Radio. «C'est illégal au regard du droit international et c'est contre-productif : on n'a jamais apporté la démocratie avec des bombes», avait-elle également estimé.
Elle avait ensuite affirmé : «Nous sommes entrés dans une Troisième Guerre mondiale larvée». De son côté, Israël a agi en mettant en œuvre la doctrine Begin, selon laquelle l’Etat hébreu se donne le droit d’agir face à la menace nucléaire d’une nation hostile.
Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait adopté jeudi dernier une résolution condamnant l'Iran pour «non-respect» de ses obligations nucléaires.
Le texte, porté par Paris, Berlin et Londres, appelait Téhéran à «remédier d'urgence au non-respect» des engagements pris en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).L'instance onusienne indiquait également «ne pas être en mesure de garantir que le programme nucléaire iranien était exclusivement pacifique».