Alors que les prévisions climatiques annoncent des étés plus chauds que jamais au cours des trente prochaines années, la fraîcheur estivale est devenue un critère crucial pour de nombreux acheteurs immobiliers. En France, une région en particulier pourrait être plébiscitée pour ses températures clémentes.
Le paradis des «exilés climatiques». Selon une étude publiée par l'Insee en 2023, la région des Hauts-de-France pourrait séduire un nombre croissant d'acheteurs grâce à son exposition moindre aux vagues de chaleur à venir. Sa façade maritime et l’absence de relief contribuent notamment à atténuer les variations de température comparées à d’autres régions continentales et montagneuses.
«La zone littorale de la région serait la plus épargnée, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la côte, les anomalies de chaleur s'intensifieraient», atteste le communiqué. Ainsi, en s’enfonçant dans l’intérieur des terres, comme dans le Massif central ou dans le Jura, «le nombre de nuits anormalement chaudes serait élevé».
Selon les projections de l'Institut, seulement 9 % des habitants des Hauts-de-France – soit environ 500.000 personnes – seraient exposés à «plus de 15 journées et 7 nuits anormalement chaudes par été», contre 61 % de la population à l'échelle nationale. Cette relative fraîcheur, de plus en plus convoitée, pourrait prochainement influer sur le marché immobilier, en modifiant les priorités des acheteurs.
La Bretagne, prochain un refuge climatique ?
Pour autant, la région ne sera pas totalement épargnée par le réchauffement climatique. Alors que la température moyenne estivale y était de 17,2 °C entre 1976 et 2005, elle pourrait atteindre 18,3°C entre 2021 et 2050, soit une hausse de 1,1 °C. À titre comparatif, la moyenne nationale devrait augmenter de 1,3 °C sur la même période.
Par ailleurs, la Bretagne pourrait également s'imposer comme un refuge climatique pour les personnes sensibles aux fortes chaleurs. En effet, selon les projections de Météo France pour un scénario de canicule en août 2050, elle fera partie des régions les plus fraîches de France. L'établissement prévoit notamment 40 °C à Paris contre seulement 32 °C à Brest.
Toutefois, bordée par la Manche et l'Atlantique, la région reste exposée à d'autres conséquences du changement climatique, notamment la montée du niveau de la mer. Selon l'ONG Climate Central, plusieurs zones du littoral breton, y compris Brest, pourraient être submergées d'ici à 2100.
Pas de quoi décourager les «exilés climatiques», puisque la Bretagne pourrait ainsi devenir la région la plus peuplée de France d'ici à trente ans, selon l'Agence européenne de l'environnement (EEA), qui publie régulièrement des cartes prospectives des zones «où il fera bon vivre en 2050», en raison de ses qualités climatiques.