En France, chaque année, environ 70.000 personnes meurent des suites d’une crise cardiaque ou d’un accident de la vie courante. Un chiffre qui pourrait être fortement réduit si plus de Français étaient formés aux gestes de premiers secours. Face à ce constat, le député RN Julien Rancoule veut faire évoluer les choses.
Apprendre dès le plus jeune âge. Selon l’institut Odoxa, seuls 34% des Français ont été formés aux gestes de premier secours. Un chiffre trop bas aux yeux de Julien Rancoule, député RN de l’Aude, qui porte une proposition de loi pour développer un apprentissage pour tous.
«C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur», a expliqué à CNEWS, le député qui est également pompier volontaire depuis 15 ans. «Cela fait longtemps que je voulais présenter une proposition de loi sur ce thème et il s’avère qu’en mai 2023, j’ai eu à pratiquer un massage cardiaque dans l’Hémicycle et force est de constater qu’il y a un très gros retard en France sur le sujet», a-t-il poursuivi.
«Cette proposition de loi, je l’élabore depuis plusieurs mois, voire années, puisque j’ai commencé à la travailler sous la XVIe Législature (2022-2024). Elle contient 13 propositions pour toucher l’ensemble de la population sur différents axes», a détaillé Julien Rancoule.
Éduquer la jeunesse
Le premier volet, qui est aussi le plus fourni de cette proposition de loi, est celui de l’éducation dès le plus jeune âge aux gestes qui sauvent. «Il faut que les citoyens aient une base solide. Et sortir de la scolarité en ayant vu l’ensemble des gestes de premiers secours et en ayant un diplôme est une bonne base», a estimé l’élu du Rassemblement national.
La proposition de loi ne détaille pas les apprentissages qui seront donnés niveau par niveau, mais Julien Rancoule imagine une progression graduée avec de la sensibilisation au primaire, notamment avec l’apprentissage des numéros d’urgence et du comportement à adopter. Les gestes en eux-mêmes s’intégrant progressivement avec l’âge.
Ces formations aux premiers secours pourront être dispensées par des professionnels de santé, par des sapeurs-pompiers du département ou encore des bénévoles d’une association agréée de sécurité civile.
Pour ne pas impacter le bon déroulement des enseignements classiques, Julien Rancoule a permis dans son texte «que ces formations puissent se faire en dehors du temps scolaire». «Le principe, c’est que l'Éducation nationale mette en place les outils et organise ces sessions sans pénaliser les équipes pédagogiques», a-t-il ajouté.
Se former tout au long de sa vie
Toutefois, la formation ne fait pas tout. En effet, comme le rappelle Julien Rancoule, «le sujet des premiers secours, c’est quelque chose qui doit être abordé tout au long de la vie. Si on ne révise pas régulièrement, on perd en capacité et en réactivité».
Dans les faits, sur les 34% de Français déjà formés aux gestes de premiers secours, seuls 12,5% se sentent compétents pour agir en cas d’urgence. Dans l’exposé des motifs de son texte, Julien Rancoule a estimé que «le citoyen est le premier maillon de la chaîne de secours et devrait être en capacité d’agir».
Il faut mettre à l'honneur ces comportements
Selon les chiffres de la Croix-Rouge mis en avant par le député, seules 5% des victimes d’arrêts cardiaques survivent. Un constat qui est dû au manque d’action des témoins de la scène, qui ne sont que 40% à intervenir. Par ailleurs, dans le cadre d’une crise cardiaque, «chaque minute sans intervention réduit les chances de survie de 10%».
«Avec plus de quatre millions d’interventions de secours à personne par an en France, chacun d’entre nous peut un jour devoir répondre à une situation d’urgence vitale sur un proche, un collègue ou un tiers», a résumé Julien Rancoule pour souligner l’importance de ces formations.
Récompenser les citoyens qui sauvent
Autre volet important pour le député audois, la formation des gestes de premiers secours en entreprise. «Il faut plus de personnes formées comme secouristes au sein des entreprises mais aussi des défibrillateurs automatisés dans les sociétés comptant au moins 50 salariés», a expliqué Julien Rancoule.
Ces défibrillateurs ont sauvé 2.000 vies en 2022. « Ils doivent néanmoins être placés à des endroits stratégiques», a-t-il déclaré se remémorant : «Lorsque j’ai dû pratiquer un massage cardiaque dans l’Hémicycle en 2023, le défibrillateur avait été installé dans un endroit difficile d’accès par souci d’esthétisme… Depuis les choses ont changé».
Plus globalement, l’élu souhaite la création d’une «médaille du citoyen sauveteur». «J’ai trouvé ça pertinent de créer cette nouvelle médaille pour mettre en valeur ces hommes et ces femmes qui ont porté assistance à quelqu’un lors d’une détresse vitale», a expliqué Julien Rancoule, ajoutant : «Il faut mettre à l’honneur ces comportements».
Pour le moment la proposition de loi de Julien Rancoule n’a pas encore été inscrite à l’ordre du jour. Toutefois, contrairement à la majorité des textes défendus par le RN, celui du député de l’Aude a reçu le soutien d’autres groupes politiques de l’Assemblée, venant de l’UDR, de la Droite Républicaine, des Démocrates et d’Horizons.
Avec des signatures venant d’au moins trois groupes, la proposition de loi est donc considérée comme transpartisane et aura davantage de chance d’être un jour étudiée par les députés.