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Alpes-de-Haute-Provence : le village d'Allos vote pour la fin du ski face au changement climatique

Avec la hausse des températures, les tombées de neige dans les stations de basse altitude sont de moins en moins intenses. [©Nicolas TUCAT / AFP]

Samedi 28 juin, les habitants d'Allos (Alpes-de-Haute-Provence), se sont exprimés en faveur de la fin du ski alpin dans leur station de Val d'Allos-Le Seignus. La raison : la raréfaction de la neige qui ne fait qu'accroître le déficit budgétaire du village. 

50,1 %. C'est une courte majorité mais une majorité suffisante pour faire pencher la balance du côté de ceux qui souhaitent l'arrêt du ski alpin dans la station de sports d'hiver de Val d'Allos-Le Seignus (Alpes-de-Haute-Provence). 

En effet, samedi 28 juin, à Allos, ils étaient 1.342 habitants sur 5.000 foyers fiscaux - 600 habitants à l'année ainsi que ceux en résidences secondaires -, soit 30 % de la population du village, à prendre part à un vote de consultation sur l'avenir de leur commune. 

Trois choix s'offraient à eux : maintenir le ski à 1.500 mètres d'altitude et voir leurs impôts locaux augmenter de 30 à 35 %, conserver le ski alpin seulement sur la partie du Seignus et accepter une augmentation de 10 à 15 % de leurs impôts, ou bien signer l'arrêt total du ski. 

Et alors qu'ils sont respectivement 36,4 % et 12,6 % à avoir voté pour les première et deuxième options, c'est la dernière proposition qui a majoritairement séduit les Allossards avec 50,1 % des votes. 

Une décision finale encore incertaine

«Les électeurs se sont prononcés sur une option qui nous donne une feuille de route», déclare Michel Lantelme, le maire d’Allos. C'est à lui que reviendra la décision finale sur la fin ou non du ski dans cette station des Alpes du Sud, décision qui, malgré la consultation citoyenne, «n’est pas arrêtée aujourd’hui». 

Un conseil municipal est prévu lundi 30 juin, au soir, pour analyser plus en profondeur ses résultats. 

Mais le maire de la commune alerte : «On ne peut plus se permettre de perdre du temps. [...] Le déficit structurel est avéré et aujourd’hui, il est à hauteur de 700.000 euros» pour l’année, incluant l'été 2024 et l'hiver 2024-2025. La raison de ce déficit qu'Allos ne peut plus compenser : le manque de neige de plus en plus récurrent au fil des années.

les stations de ski mises à mal par le changement climatique 

Avec la hausse des températures, les tombées de neige dans les stations de basse altitude sont de moins en moins intenses. Elles sont aussi de plus en plus souvent remplacées par la pluie qui fait fondre plus rapidement la neige déjà présente au sol. 

Ainsi, dans une «France à +4°C» à la fin du siècle, les secteurs situés à 1.800 mètres d'altitude n'auront plus que 52 jours d'enneigement nécessaires au ski, contre 132 jours entre 1976 et 2005, confie Nicolas Roux, responsable du centre Météo-France pour les Alpes du Sud, à l'AFP. 

Cette situation a déjà contraint une autre station des Alpes-de-Haute-Provence, celle du Grand Puy, à acter sa fermeture pour les sports d'hiver. En revanche, les pistes fermées au ski restent exploitées pour diversifier l'offre touristique avec du VTT en été ou des chemins de randonnée et de raquettes. 

À noter que la station de la Foux d'Allos, également située sur la commune d'Allos, mais plus en altitude, n'est pas concernée par l'éventuelle mesure de fermeture, car elle est reliée à la station de Pra Loup et non de Val d'Allos-Le Seignus. 

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