Alors que Gérald Darmanin envisage la construction de 3.000 places de prisons dite «modulaires» ou en préfabriqués d’ici à 2028, 17 sites ont été retenus par le garde des Sceaux pour accueillir les 1.500 premières places «livrables d’ici à 2027».
Objectif : désengorger les prisons. A l’heure où la surpopulation carcérale grandit en France, le gouvernement cherche d’autres alternatives efficaces afin de «vider» les prisons françaises. Et l’exécutif compte désormais s’inspirer du modèle allemand afin de construire des prisons dites «modulaires» ou plus facilement «en préfabriqué».
Dimanche 13 avril dernier, le garde des Sceaux Gérald Darmanin avait fait part de sa volonté de créer 3.000 places, et ce misant sur des infrastructures modulables, en préfabriqué. Ce concept offre d'ailleurs deux avantages importants.
Construction de places de prison de manière accélérée : j’ai lancé deux appels d’offres pour la construction de 3 000 places de prison modulaires, construites en 18 mois (contre 7 ans pour les prisons classiques) et coûtant deux fois moins cher qu’avant.
17 sites ont été retenus…— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) June 30, 2025
Premièrement, ces prisons sont constructibles en 18 mois, contre 7 ans pour les établissements classiques. Par conséquent, cette très courte durée devrait permettre à l’État de «mieux répondre aux nouvelles menaces pesant sur ses agents et accélérer la construction de places de prison», selon le ministère de la Justice.
Le 2e avantage est plus simplement budgétaire. En effet, ce concept novateur devrait diviser par deux le coût de construction des places de prison. A titre d'exemple, une place de prison classique coûte environ 400.000 euros à construire. Or, celle d’une prison en préfabriqué ne coûtera que 200.000 euros.
Pour un tarif réduit, ces infrastructures modulables garantissent «les mêmes standards de solidité (construction en béton armé) et de fonctionnement à l’usage que les constructions classiques», indique le ministère de la Justice.
Un second appel d'offres lancé dans les prochains jours
Si le projet final doit être prêt d’ici à 2028, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a retenu 17 sites afin d’accueillir les 1.500 premières places. Celles-ci seront livrables «d’ici à 2027», a fait savoir le ministère ce lundi.
Parmi ces sites, on retrouve l'établissement de Troyes-Lavau, dans l’Aube. Il s’agit, là, du premier site modulaire en France. Il ouvrira ses portes «à l’automne 2026», selon le ministère.
Les seize autres prisons concernées par ces 1.500 premières places sont Brest (Finistère), Lille Sequedin (Nord), Mont-de-Marsan (Landes), Eyess (Lot-et-Garonne), Châteaudun (Eure-et-Loir), Laon (Aisne), Saint-Quentin-Fallavier (Isère), Fleury-Mérogis (Essonne), Liancourt (Oise), Maubeuge (Nord), Valence (Drôme), Moulins (Allier), Tarascon (Bouches-du-Rhône), Meaux (Seine-et-Marne), Lorient (Morbihan) et Le Port (La Réunion).
A noter qu’«un second appel d’offres pour 1.500 places supplémentaires sera lancé dans les prochains jours», a précisé le ministère de la Justice.