Ce samedi 5 juillet, les Parisiens peuvent à nouveau se baigner dans la Seine, au Bras Marie, près du pont de Sully. Une renaissance symbolique, quatre siècles après des plongeons dans le fleuve, interdits au XIXe siècle.
Près d'un siècle après son interdiction, la baignade publique dans la Seine fait son grand retour à Paris. Ce samedi 5 juillet, les premiers nageurs vont pouvoir plonger dans les eaux du Bras Marie, au pied du pont de Sully, ce qui marque une étape symbolique dans la réappropriation du fleuve par les Parisiens.
La Ville a en effet concrétisé l’un de ses projets les plus ambitieux : rendre la Seine accessible à la baignade. Trois sites ont été aménagés : au Bras Marie, à Grenelle et à Bercy, avec pontons, douches et zones de rangement.
Les bains en eaux libres, une pratique du passé
Mais cette «première baignade officielle» a surtout réveillé une mémoire oubliée. Car les Parisiens n’ont pas attendu le XXIe siècle pour piquer une tête dans la Seine. En effet, la mode des bains dans le fleuve était déjà très répandue dès le XVIIe siècle, où elle est documentée.
À cette époque, hommes et femmes se baignaient nus, séparément, sur les rives du quai Sully.
Les autorités ont tenté d'encadrer cette pratique dès le début du XVIIIe siècle, multipliant les interdictions, comme celle de 1711 qui prohibait toute baignade entre le Pont de l’Hôtel-Dieu et le Petit Pont. Mais ce sont surtout des raisons de décence qui ont poussé à l’interdiction en 1783.
Du bain sauvage à l'interdiction totale
Au fil des décennies, les préoccupations sanitaires ont pris le relais. À partir des années 1920, les médecins militaires mettaient déjà la population en garde quant aux risques liés à l’eau du fleuve.
En effet, durant cette époque, les autorités recommandaient de nager la bouche fermée et de se faire vacciner contre la typhoïde.
La baignade a été officiellement interdite en 1923. Pourtant, jusque dans les années 1960, certains Franciliens ont continué à se baigner, notamment à Vitry, où les mairies avaient aménagé des plages populaires. Mais l’industrialisation ainsi que le bétonnage des berges ont peu à peu mis fin à ces pratiques.
En 1988, Jacques Chirac alors maire de Paris avait promis un retour à la baignade dans les cinq ans. Une promesse malheureusement restée sans suite.
Une promesse tenue quarante ans plus tard
Il a finalement fallu attendre l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 pour que les choses bougent vraiment. L’enjeu était double : permettre aux épreuves de natation en eau libre de se tenir dans la Seine et de rouvrir le fleuve au grand public par la suite.
La mairie de Paris a investi 1,4 milliard d’euros dans un vaste chantier d’assainissement. Résultat : les épreuves olympiques se sont déroulées sans accroc, et la baignade pour tous est devenue une réalité un an après.
Ce samedi 5 juillet, des centaines de Parisiens vont donc pouvoir renouer avec une tradition vieille de quatre siècles.