Face à l'explosion du nombre de boîtiers «trafiqués», le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité français Enedis a lancé une opération de lutte contre la fraude, avec 121 contrôles déjà menés sur le territoire français.
Un fléau qui représente «plusieurs centaines de millions d'euros par an». Le géant du distribution de l'électricité française Enedis a procédé ce mardi à 121 contrôles à l'occasion d'une opération de lutte contre la fraude. La société française prévoit également de doubler son nombre d'agents assermentés pour constater les fraudes : de 250 en 2025 à 500 en 2026.
Le «gestionnaire du réseau de distribution d'électricité» veut freiner cette tendance, comme l'explique son directeur des opérations de lutte contre la fraude, Bertrand Boutteau : «Depuis trois ans, nous avons constaté plus de 100.000 compteurs trafiqués et c'est en nette augmentation».
Le gestionnaire affirme que ces fraudes lui coûtent «plusieurs centaines de millions d'euros par an. Nous n'avons pas de profil type du fraudeur ni de zones plus propices, tout le monde est concerné», poursuit Bertrand Boutteau.
Depuis 2022, notamment en raison de la hausse du coût de l'énergie mais aussi en raison de la diffusion massive sur les réseaux sociaux des solutions frauduleuses d'abaissement des charges électriques, plusieurs systèmes de fraude ont explosé sur le territoire français. Les boîtiers Linky, connectés directement aux services d'Enedis, sont les plus faciles à détecter pour le distributeur d'électricité française. Chaque intervention apparaît en effet directement auprès du gestionnaire du réseau public de distribution d'électricité sur 95% de l'Hexagone.
«c'est l'équivalent de la consommation de la Charente qui est fraudée»
Souvent, le système de dérivation qui permet de détourner la consommation est difficile à mettre en place mais une fois actif, il permet de dissimuler une majorité de la consommation énergétique. Lors d'un contrôle mené devant des journalistes, Damien, technicien pour Enedis, expliquait : «Ici, on voit que le restaurateur a inversé ce câble qui permet de soustraire une grande partie de sa consommation. Normalement, il consomme 85 kilowattheures par jour, et depuis mai 2024, on s'aperçoit qu'il n'est qu'à 25 par jour».
«C'est un véritable fléau, chaque année, c'est l'équivalent de la consommation en électricité de la Charente qui est fraudée» dénonce Laurence Magliano, porte-parole de la société.
«Nous contactons les plateformes et leur demandons de modérer ces contenus, mais nous devons renforcer cette partie de notre action», concède Bertrand Boutteau. En cas de fraude confirmée, les coupables risquent jusqu'à 75.000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement.