Aller au contenu principal
Toute l’actu en direct 24h/24
Avec notre application gratuite
Installer
En Direct
En direct
A suivre

Charlie Hebdo : un cinéma de Saint-Ouen annule la projection d’un documentaire sur le procès de l’attentat islamiste

Un cinéma de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) a annulé ce mercredi la diffusion d'un documentaire retraçant le procès de l'attentat islamiste contre Charlie Hebdo. Le film s'inspire notamment de la plaidoirie de Me Richard Malka, avocat du journal satirique.

Une décision polémique. La projection du documentaire «Dieu peut se défendre tout seul» d'Isabelle Cottenceau, consacré au procès suivant l'attentat islamiste contre Charlie Hebdo, a été annulée ce mercredi à la salle Commune Image de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). La violente attaque survenue le 7 janvier 2015 avait coûté la vie à douze personnes. 

Dans un communiqué, le Printemps républicain et ses partenaires, la Licra, le Comité Laïque révolution et Vigilance Collèges Lycées à l'origine de la diffusion prévue, ont dénoncé cette déprogrammation survenue à quatre jours de l'événement, «exprimant ainsi un profond mépris, et pour le public, et pour les organisateurs». 

Plus de sept semaines après avoir pourtant donné son accord, la direction de la salle aurait justifié sa décision en invoquant sa «charte d'accueil [qui] interdit la tenue de manifestations à caractère politique», «dans le cadre strictement non partisan». 

Pourtant, ce même cinéma diffuse gratuitement chaque mercredi des films indépendants à caractère souvent politique, à l'instar de «Révolté.e.s» de Pablo Melocco projeté la semaine dernière, abordant le sabotage écologique.

Une diffusion dans l'auditorium du Conseil régional à Saint-Ouen prochainement ?

Les organisateurs ont ainsi dénoncé dans un communiqué «une réaction tardive» qui «interroge sur les réels motifs de la direction, qui contribue de fait à la banalisation de la lâcheté et répond positivement, qu'elle le veuille ou non, à l'injonction faite par les fossoyeurs de nos libertés». «10 ans après l'horreur, l'abdication. Une fois de plus», ont-ils conclu. 

De son côté, la Municipalité de Saint-Ouen a clarifié sur X que la salle en question appartient au secteur privé, et qu'elle «n'a pas été informée des raisons de cette annulation et n'en connaît pas les motifs». «La Ville de Saint-Ouen-sur-Seine réaffirme avec force son attachement profond à la liberté d'expression, socle de notre démocratie. Aucune force de censure n'est pratiquée à Saint-Ouen», a-t-elle souligné dans son communiqué. 

Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France - chargée de financer la salle avec la ville de Saint-Ouen et le ministère de la Culture - s'est dite «scandalisée de la censure du film qui retrace l'engrenage des lâchetés ayant mené aux attentats islamistes» mardi. 

Elle a proposé que le film soit projeté dans l'auditorium du Conseil régional à Saint-Ouen. «La République est partout chez elle ! Votre date de la projection sera la nôtre. Dès demain si vous voulez maintenir le rendez-vous », a-t-elle conclu.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Dernières actualités