L’Assemblée nationale a rejeté lundi la réforme de l’audiovisuel public, portée par la ministre de la Culture Rachida Dati. Le texte, contesté au Palais Bourbon, va cependant continuer sa route au Sénat pour une seconde lecture prévue ce jeudi 10 juillet.
Un texte loin de faire consensus. Les députés ont rejeté lundi dès le début des débats la réforme de l'audiovisuel public défendue par la ministre de la Culture Rachida Dati. Les élus de gauche, rejoints de manière inattendue par ceux du RN, ont voté largement (94 voix pour et 38 contre) une motion de rejet du groupe écologiste et social.
Le rejet de cette loi à l’Assemblée nationale n’impose pas son arrêt total. En effet, celui-ci est envoyé directement au Sénat ce jeudi, en seconde lecture, où une majorité est trouvable sur ce texte. «Cela ira plus vite au Sénat», a commenté le cabinet de Rachida Dati à l’AFP. Dimanche dernier, le Premier ministre François Bayrou avait apporté son soutien à la réforme sur RTL.
Cette loi, émanant du sénateur UDI Laurent Lafon, prévoit de créer le 1er janvier 2026 une holding, France Médias, qui chapeautait France Télévisions, Radio France et l'Ina (Institut national de l'audiovisuel), sous l'autorité d'un président-directeur général.
Quel avenir en cas de vote favorable au Sénat ?
Si le texte est voté au Sénat, une commission mixte paritaire (CMP) sera organisée. Celle-ci, composée de sept sénateurs et sept députés, aura pour objectif de discuter de chaque article afin de trouver le texte le plus consensuel possible. Le fruit de ce nouveau travail sera ensuite présenté à l’Assemblée nationale.
La mobilisation de la majorité gouvernementale, bien qu’en minorité sur ce texte, sera nécessaire afin de faire adopter cette loi au parcours sinueux.
Un mouvement de grève dans les médias la semaine dernière
Une grève illimitée a démarré jeudi dernier à Radio France pour s'opposer aux restrictions budgétaires et à ce projet de réforme, que les syndicats jugent «extrêmement dangereux», tant pour l'avenir des salariés que pour l'indépendance de l'information. Le syndicat national des journalistes (SNJ) comptait lundi 67% de grévistes dans les rédactions du groupe.
A France Télévisions, où le mouvement a débuté lundi, la direction comptait près de 17% de grévistes dans la matinée. Plusieurs centaines de salariés s'étaient rassemblées à la mi-journée à proximité du ministère de la Culture.