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Réforme de l’audiovisuel public : les sénateurs adoptent en seconde lecture le texte porté par Rachida Dati

Le texte a été adopté par 194 voix contre 113. [AFP]

Les sénateurs ont adopté en deuxième lecture ce vendredi la réforme de l'audiovisuel public, portée par la ministre de la Culture Rachida Dati, au terme de débats écourtés grâce à l'arme constitutionnelle du «vote bloqué».

Ce vendredi, le Sénat a adopté, en deuxième lecture, la réforme de l’audiovisuel public. Ce texte été adopté par 194 voix contre 113, lors d’un examen sous tension. Un vote qui clôt la session extraordinaire du Parlement, qui reprendra ses travaux le 22 septembre. 

Pour contrer la gauche, la ministre de la Culture Rachida Dati a fait usage du «vote bloqué», une procédure très peu utilisée.

Selon l’article 44.3 de la Constitution, le «vote bloqué» permet au gouvernement de demander un vote sur l’ensemble ou sur une partie d’un texte en discussion en ne retenant que les amendements que l’exécutif a proposés ou acceptés. 

Les orateurs de la gauche ont successivement protesté contre ce «coup de force», selon les mots de l'ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol. «On parle de liberté de la presse. Mais commençons déjà par respecter les droits du Parlement», a-t-elle tonné, en rappelant que le Sénat avait d'autres outils à sa disposition pour discipliner les discussions.

La gauche mobilisée 

Cette loi, émanant du sénateur UDI Laurent Lafon, prévoit de créer le 1er janvier 2026 une holding, France Médias, qui chapeauterait France Télévisions, Radio France et l'Ina (Institut national de l'audiovisuel), sous l'autorité d'un président-directeur général. Une sorte de «BBC» à la française. 

Un changement qui a provoqué un mouvement de grève à Radio France, jugé «extrêmement dangereux» tant pour l’avenir des salariés que pour l’indépendance de l’information. Ce lundi, le syndicat national des journalistes (SNJ) comptait 67% de grévistes dans les rédactions du groupe.

Le texte doit désormais revenir à l'Assemblée nationale pour une lecture définitive. Un retour vivement attendu par certains parlementaires. «A l’Assemblée, il n’y a pas de majorité pour voter la réforme de l’audiovisuel public. Nous serons mobilisés dès la rentrée pour lui faire obstacle et protéger ce service public indispensable», a averti le député LFI Aurélien Saintoul.

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