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«LFI porte une idéologie d'extrême gauche qui instrumentalise l'islam» : Elisabeth Borne recadre le ministre de l'Enseignement supérieur

«Ce courant existe dans la société, donc nécessairement à l'université», a affirmé Elisabeth Borne ce dimanche. [Thomas SAMSON / AFP]

La ministre de l’Éducation nationale Elisabeth Borne a recadré ce dimanche son collègue chargé de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste pour avoir estimé que l'«islamo-gauchisme» est une notion qui «n'existe pas». 

Désaccords au sein du gouvernement. Elisabeth Borne, ministre de l'Education nationale, a pris le contre-pied de son collaborateur de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Ce dernier avait estimé ce lundi sur LCP que le terme «islamo-gauchisme» «n’existe pas en tant que terme universitaire, il n’est même pas bien défini, donc cette notion n'existe pas».

Il y a certes «des abus» mais «se dire qu’il y a un mouvement islamo-gauchiste qui serait là à vouloir prendre le pouvoir au sein de telle ou telle université, non, je ne crois pas que ce soit la réalité», avait-il ajouté. 

«Ça fait partie des combats que mènent LFI»

«Ce courant existe dans la société, donc nécessairement à l'université», a affirmé Elisabeth Borne ce dimanche sur radio J. Interrogée dimanche sur sa définition du terme, elle a estimé que «ce sont des gens d'extrême gauche qui considèrent que les musulmans sont une force électorale, qui les courtisent en encourageant le communautarisme et en banalisant l'islamisme radical». 

«Il y a à la fois des personnalités et des partis politiques, je pense notamment à LFI, qui portent une idéologie d'extrême gauche qui instrumentalise l'islam, qui banalise l'islamisme radical, et qui encourage le communautarisme», a affirmé la ministre de l’Éducation. 

«Ça fait partie des combats que mène LFI, notamment pour faire entrer ces idéologies au sein de l'université et ils ne s'en cachent pas» puisqu'«ils font le tour pour certains d'entre eux de toutes les universités de France, donc je pense que leur combat est assez clair», a-t-elle ajouté. 

Les déclarations de Philippe Baptiste avaient suscité de vives réactions à droite. «Nier la présence de l'islamo-gauchisme dans les universités, c’est jouer le jeu de l'entrisme à un moment où nous devons être intraitables face à ce fléau», avait ainsi affirmé le secrétaire général de LR Othman Nasrou. 

«Dire que l'islamo-gauchisme n'existe pas, c'est un peu comme dire que la Terre n'est pas ronde», avait estimé l'ancien ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer. La position de Philippe Baptiste contraste avec celle de ses prédécesseurs : en 2021 la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal avait voulu demander une enquête sur «l'islamo-gauchisme» à l'université, suscitant une polémique.

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